
Je l’aime bien ce titre. Et ce qui est drôle, c’est qu’en quelques jours, ça fait deux fois que je le croise de la part de deux groupes différents. Là où Burner et Gurriers se rejoignent, c’est que pour eux, leur titre pointe exactement sur la même réflexion ; personne ne viendra nous sauver de nous-mêmess et de nos erreurs, alors il faut que ce soit nous qui agissions. Burner est une formation de South London formée en 2021 autour d’une passion commune pour des styles qui font du bruit : metalcore, death, black, post metal. Et l’idée est de fondre tout ça en un gloubiboulga compact et cohérent. Un premier album à côté duquel je suis allègrement passé, un paquet de scènes et de festoches sur lesquels ils ont pu éprouver leur formule, la remanier et la parfaire, et les voici donc avec un deuxième album. L’intro de « The third revelation » fait déjà son effet : si elle avance tout en mélancolie, une tension sourde s’y cache, mal, et quand elle explose… ça fait mal. Bien sûr, je préfère quand la mélodie et la violence se superposent, là je trouve ça proprement énorme. « What will you give ? » confirme le potentiel destructeur de la musique des anglais. Mais attention, si Burner emploie volontiers la violence, ce n’est pas sans fonds : ses textes, eux, sont basés ici sur l’histoire, là sur la poésie, là sur une œuvre cinématographique… derrière les coups de boule, il y a bien un cerveau qui gamberge ! Mais je vous l’accorde, ce n’est pas forcément le sens que l’on vient chercher, plutôt l’exaltation des sens. Ok, se prendre des décibels dans la gueule n’est pas ce qu’il y a de plus sexy, mais pour nous métalleux, ça reste limite érotique. Si vous pensez pareil, alors vous allez être tout émoustillés ici. « No one is coming to save us », c’est 48 minutes de matraquage sur fonds de sujets comme l’écologie, la politique, la violence, ce qu’on en fait et comment elle nous transforme, la guerre intérieure… Bref, on a du fonds et de la forme, alors franchement, pourquoi résister à une tuerie pareille ?






