KEMMLER : Finalement l’amour

J’aime vraiment Kemmler, c’est un mec qui à mon avis a réussi à conjuguer au mieux la chanson et le rap, sans jamais se prostituer ou sonner mainstream, là où beaucoup s’y sont cassé les dents. Mais ce que je crois profondément aussi, c’est que les plus belles œuvres s’écrivent dans le malheur, dans la solitude. Alors ce titre là, positif et qui sent le bonheur, ça ne me dit rien de prime abord. Et puis il y a eu « Putain, désolé », aussi ; on y retrouve le style entre humour et écriture vraie du monsieur, mais aussi une légèreté qui me mets un peu mal à l’aise. Mais depuis, il y en a eu d’autres qui m’ont redonné l’espoir… L’espoir que le disque soit aussi sombre et triste qu’avant. Paradoxal non, d’aimer un artiste mais vouloir qu’il continue à aller mal pour me faire du bien ? Désolé mec, ton public t’en veux pas, mais il est apparemment mauvais pour toi ! Bref. « Arrêter la chanson », qui ouvre l’album, est plutôt bon. Doux, groovy, plutôt rap, aussi sincère que possible ; pas un coup de coeur énorme mais un bon titre. « Je te connais » est un peu plus classique et avait déjà fuité avant, et elle me plaît bien. La collaboration avec Nae (déjà présente sur l’excellente « Tout sauf toi ») confirme tout le bien que j’en pense : « Mon amour » est un des gros titres de l’album. « Quelqu’un d’heureux » est un autre bon titre mais il me transporte moins que certains autres. « Putain désolé » n’est pas trop pour moi, même si j’apprécie toujours l’écriture du monsieur. Pareil pour « Loin de moi », qui trahit de manière impudique les blocages et les biais de Yoann Houazi en amour (qu’on commence à bien connaître, c’est vrai, puisque c’est le sujet principal de ses chansons). « C’était bien », avec Amel Bent, est une pépite, tout simplement, même si elle pourrait à mon sens être interprétée de manière plus sobre de la part de la chanteuse. Enfin, « Rouge et noir » revient à un rap plein de références sur fonds de piano mélancolique, et y’a pas à dire, le mec excelle aussi dans cette discipline. Trop court, comme ses chansons, « Finalement l’amour » montre un mec imparfait mais bourré de talent, qui fait ce qu’il veut, le coeur et les textes rongés de doutes mais la tête encore remplie de rêves et d’espoir. Rien de nouveau ? Pas faux. Mais c’est Kemmler quoi, j’ai toujours l’impression qu’une partie de moi vit en lui ou le contraire, et ça reste aussi troublant qu’obsédant !

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