EMANCIPATOR : Chrysalis

J’ai croisé Emancipator il y a des années, plus d’une dizaine, et j’avais vraiment accroché à sa musique, mais je n’ai jamais eu l’occasion jusqu’ici d’en écouter autre chose que des singles épars. Alors je suis heureux d’accéder à « Chrysalis » ce soir, après ce qu’on peut qualifier de « bonne journée de merde ». Mais en même temps, je crains que mon enthousiasme d’antan ne soit douché, pour parfaire l’ambiance du jour… « Silent clay » est celui qui a la lourde tâche de lever mes doutes… ou pas. Longue intro en mode ambiant / electronica, il s’avère assez énigmatique et un peu expérimental, assez pointu en tout cas. Je sens bien quelque chose d’intéressant, mais pas assez de musicalité pour m’accrocher complètement. Ah, mais « Thirty three » me fait retrouver le son trip-hop / downtempo qui m’avait plu alors. Le titre est plus riche que ça niveau textures et influences, on sent que le musicien a progressé, mais l’essentiel est là. Avec « The painted lady », surprise ; Kishi Bashi amène une dimension carrément folk au titre, et c’est aussi inattendu que réussi. « Solarium », par contre, trop classique, me laisse sur ma faim. « Koda » revient avec des sonorités un peu asiatiques, qui lui vont bien. « Chrysalis », ce sont seize titres au travers desquels Emancipator continue d’affirmer son style ; le mariage entre instruments électroniques et cordes, avec souvent l’utilisation du violon. Oui, ça sonne assez classique sur le papier. Et oui, ça sonne parfois vraiment classique. Mais classique dans le bon sens ; on a l’impression de connaître cette musique, que c’est un peu le mètre-étalon du trip hop des nineties. Bien sûr, dans les détails, Douglas Appling va un peu plus loin, joue à l’apprenti sorcier en se jouant de ses propres codes, en manipulant rythme et format, en essayant de se réinventer. Il avoue que durant les six années qui ont amené les 16 titres de l’album à maturité, beaucoup de choses ont changé dans sa vie, et que sa musique a pris le même chemin. C’est donc ça la chrysalide dont il parle ; un cocon au sein duquel son nouveau lui commence à se transformer et s’épanouir sur le terreau du style déjà établi. On sent ici une ouverture au monde, par le biais de plus d’ambiances world / folk. Et ça apporte indéniablement une fraîcheur à l’ensemble… mais voilà, ce n’est pas forcément ce que moi, je viens chercher. Je suis assez attaché à la formule beats sombre + mélodie mélancolique, et il faut bien le dire, il n’y a pas beaucoup de ça ici à mon grand désarroi. Alors je ne dis pas que ce septième album est mauvais ou décevant ; il est juste différent, et particulièrement différent de ce que je pensais y trouver, même si quelques titres passent vraiment bien.

Instagram

https://www.facebook.com/emancipatormusic

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *