THE DEVASTATIONS : Coal

Lorsque « Sex & mayhem », premier titre de ce deuxième et excellent album des australiens, débute, on a aucun mal à croire que les jeunes gens sont influencés par Nick Cave et les Tindersticks. La voix grave de Conrad Standish nous guide au travers d’une pop song aux accents tragiques et à la sensibilité neo classique, on s’y croirait presque. Et ce refrain imparable et sexy… Ce titre a été ma première rencontre avec le groupe, et reste indétrônable à mes yeux. Pourtant, de titres marquants, « Coal » n’en manque pas. Suit « The night I coundn’t stop crying », qui peut également y concourir, même s’il est moins accrocheur, ou du moins plus sournois. Les Devastations (avec ou sans « the », ça dépend de la période) sont catalogués comme « indie rock ». Mais du rock, il ne faut pas trop chercher les guitares débridées, les penchants autodestructeurs (sauf sur le terrible single « Take you home » et sur quelques passages de « What’s a place like that doing in a girl like you »). En revanche, on retrouvera le côté mélodramatique, la distance à ce qui est dépeint, et une certaine liberté de ton en général, musicalement comme dans les paroles. « Coal » n’est pas, même s’il se situe clairement dans la même galaxie, un copier-coller des groupes précités, ou d’un Black Heart Procession, avec qui il présente également des similitudes. Mais les amateurs de ces formations seraient tout de même bien avisés de se plonger dans l’écoute de ce disque. La musique des Devastations emploie régulièrement des cordes, choeurs et clavier qui viennent habiller des titres entre mélancolie et beauté pure, faisant ressortir leurs qualités d’écritures. Une chanson comme « Man of fortune », interprétée avec la jolie néo-zélandaise Bic Runga, en est un exemple frappant. Mais même dans le relatif dénuement du final « Dance with me », le talent d’écriture du trio fait mouche et happe l’auditeur. Bien sûr, si vous aimez les pop songs à chantonner sous la douche, « Coal » ne vous conviendra pas. Mais si vous vous surprenez parfois à contempler la pluie tomber en repensant à vos actes manqués, alors foncez !

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Paroles de l’album

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