
Il y a des disques qui s’imposent comme des évidences ; dès qu’on pose l’oreille dessus, on est irrémédiablement attiré, accroché, et on ne peut les lâcher qu’au terme de plusieurs écoutes passionnées. Et puis il y en a d’autres pour lesquels l’attache demande plus d’efforts et de temps. Quand “Crying with you” déboule, je capte bien qu’il y a quelque chose là-dedans qui me plaît beaucoup. Mais sur “Undressed”, la voix très particulière de Noah Learmonth et ses accents mancuniens (même si le groupe vient de Melbourne) me gênent un peu. Il suffit pourtant de l’excellente « Rule 31 » pour me remettre en selle. On arrive ensuite à la chanson-titre, plutôt classique mais efficace. « Big ideas » amène un contraste en la présence de Rachel Brown, qui rend le titre encore plus pop. En fait les titres sont en équilibre constant entre pop et expression un peu plus rough. Le disque étant le premier long d’un jeune groupe, il est assez logique d’y trouver surtout des titres traitant du passage à l’âge adulte. Le groupe et ses membres est effectivement en pleine période de transition ici, entre ce qu’il connaît et ce qu’il ignore, ce qu’il a été et ce qu’il aimerait être, ses influences musicales et sa personnalité de groupe en construction. Le groupe, formé en 2020 à Sydney, a pris le nom d’un disquaire local, et n’a découvert la chanson de REM du même nom et la radio contestataire italienne que plus tard ; c’est donc plus une question de sonorité que d’influence. Apparemment le contraste entre les paroles teintées de mélancolie, de désillusion et les guitares franches des morceaux très pop est saisissant : je vous avoue que je n’ai pas trop étudié les textes et ne peut donc l’attester. Mais effectivement même sans ça on peut sentir cette volonté de faire une musique qui envoie de la positivité avec un petit côté désabusé dans l’interprétation, une petite dose d’ironie très anglaise.
https://genius.com/albums/Radio-free-alice/Whats-in-between






