DOOZ KAWA : Nomad’s land

Depuis ses débuts, Dooz Kawa m’impressionne. Par son positionnement particulier dans le rap game. Il a beau en partager certains codes, certaines connaissances, il me semble hors compétition. Si dans les années 90 beaucoup s’émerveillaient sur le rap lettré et poétique d’un Mc Solaar et pleurent depuis l’appauvrissement des rimes, ils seraient bien inspirés de se pencher sur son cas. Les textes du bonhomme sont d’une finesse rares, tout en restant actuels et compréhensibles. La diction est claire (de plus en plus), le timbre est unique, et musicalement, c’est original. Ce cinquième album est centré sur l’idée du voyage, un thème récurrent chez Dooz Kawa. Mais ce n’est pas un guide touristique bien propret que nous propose le strasbourgeois. Fureteur, il s’attarde dans les ruelles sombres et les lieux interlopes, exploite le vocabulaire à des fins exploratoires non seulement physiquement mais mentalement. Thérapie à ciel ouvert, « Nomad’s land » n’épargne, comme d’habitude, ni son monde ni son auteur, et parvient tout de même à faire percer le ciel bleu parmi les nuages. C’est bien l’une des particularités de Dooz Kawa, cette capacité à dire blanc avec des mots noirs, à parler triste avec le sourire. La coloration musique des balkans est toujours là, mais quand on est familiers de l’art du bonhomme, on ne la remarque même plus ; tout est normal dans ce monde à part. Et d’ailleurs, elle est moins prégnante sur ce disque. Les invités sont nombreux et variés, de Shantel à Swift Guad, et chacun a sa place dans la parade, aucun ne fait de la figuration ou ne la joue solo. Encore une réussite à mettre au profit de Dooz Kawa.

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Paroles de l’album

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