ANTRISCH : Expedition III : Renitenzpfad

Le disque précédent des allemands avait été pour moi une excellente surprise, de la part d’une formation que je n’avais vraiment pas vue arriver. Cette fois, j’étais un peu plus préparé. Du moins le croyais-je. Est-ce ma mémoire qui est défaillante ou la formation qui a fait un pas de géant entre les deux sorties, je ne sais pas, mais là… je suis soufflé. Cette troisième expédition lance, dès son “Prolog”, une salve qui me met à genoux. Oui, c’est certain, ça reste du black atmo plutôt classique, même si les arrangements et la mise en ambiance est vraiment très pensée. Mais quelle claque ! Etant un poil en retard sur mes chroniques, j’ai failli zapper ce disque… quelle erreur ça aurait été… Cette nouvelle expédition nous narre l’histoire de Lope de Aguirre, conquistador avide de richesse, de pouvoir et de gloire, meneur d’une mutinerie qui finira par perdre pied avec la réalité, aveuglé par une soif de violence et une suffisance rare. Cet album se concentre donc sur l’expédition amazonienne de 1560 au cours de laquelle le monsieur s’est “illustré”, celle qui marquera à la fois son histoire mais aussi celle de centaines de malheureux qui croiseront son chemin. Antrisch se fait encore plus narratif ici, ses titres sont encore mieux structurés, encore plus riches et intelligents dans leur façon d’intégrer des sonorités ambiant, des samples et des passages atmo à un black cru et rugueux. La langue allemande joue également, à n’en pas douter, un rôle clé de par sa rudesse et ses sonorités froides. Je ne parlerai pas de théatralité car ça revet pour moi une notion de surjeu, mais bien de mise en scène des titres. Même si on avait pas l’explication du concept, on serait capable de se faire un film dans sa tête, d’imaginer une descente aux enfers telle que le groupe a voulu la décrire ici. La variété des ambiances, des incarnations vocales et des sonorités assure une réécoutabilité (oui, ça n’existe pas, je sais) exemplaire. Antrisch était déjà un grand groupe, et il s’est encore amélioré ici, accouchant d’un album qui se hisse sans mal parmi les meilleurs de l’année. Un disque qu’on aura plaisir à creuser, autant dans ses thèmes que dans ses mélodies. Enorme !

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