ABORYM : Metachaos

Quand j’ai vu que les italiens d’Aborym revenaient aux affaires, et même si quelques unes de leurs oeuvres des dernières années m’avaient déçu, je n’ai pu réprimer une certaine excitation. C’est un fait, je suis très attaché aux trois premiers albums du groupe, et pour moi le premier (“Kali yuga bizarre”) reste un sommet du black industriel. Certes, Fabban a toujours su faire évoluer la musique de son groupe avec son temps, capitalisant sur les expériences passées pour faire d’Aborym une entité toujours dérangeante mais jamais immobile, et constamment à la recherche d’autres sonorités. “ Red Latex Baphomet” semble faire un pas en arrière, mais le “semble” est important ; l’électro, comme le diable, se cache dans les détails, et la fin du titre est vraiment sympa. Le morceau-titre confirme l’impression du premier ; Aborym revient à un genre d’apparence très brut et aux sonorités death / black retro. Le death est d’ailleurs nettement plus présent sur cet opus, en partie à cause / grâce à la présence de grands noms en tant qu’invités : Tommy Talamanca (Sadist), Chris Cannella (Malevolent Creation / ex-Deicide), Patrick Mameli (Pestilence), Noralf Venås (Helheim), Tapio Wilska (ex-Finntroll), Brisen (ex-Dungeon). Des présences qui ne sont pas à prendre comme des featurings mais comme des participations à l’oeuvre collective. Il faut dire à ceux qui n’ont pas suivi aussi que le groupe change de couleur musicale au cours des années selon sa composition, et que celle-ci est désormais réduite à l’éternel Fabban, maître de la créature, accompagné de Atum à la batterie et Munholy à la guitare et la basse. Ces deux membres ne sont pas des inconnus mais de vieilles connaissances de Fabban, membres de son autre projet Malfeitor. Ils n’ont donc eu aucun mal à suivre les instructions et à se plier aux exigences du big boss. Ce qui en résulte, c’est certes un album plus maîtrisé mais aussi moins fou du combo. Tout est ici plus brut, plus carré, et si les éléments industriels sont perceptibles et aboutissent parfois à des jolis moments, l’ensemble pour moi reste un peu trop classique et trop death. Un death volontiers dissonant, déviant, chargé de cassures et de changements, mais au son trop marqué à mon goût. Je ne dis pas que “Metachaos” est mauvais, mais j’en attendais clairement autre chose, surtout avec la signature récente chez Avantgarde, qui envoyait un message “retour aux sources” clair. Ceci dit, certains passages sont vraiment cools, et peut-être que Fabban aura envie dans le futur de revenir à des choses plus expérimentales et hybrides ? Je l’espère de tout coeur.

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