LUSTMORD LOMBARDO : The Pulse of Atoms

Bon, ça fait déjà quelques années que Dave Lombardo, bien connu pour avoir œuvré derrière les fûts de Slayer, multiplie les projets hors du territoire metal, et que d’ailleurs ces projets sont foutrement intéressants. Aujourd’hui (encore) acoquiné avec Ipecac, il rencontre sur cet opus le roi du dark ambiant Brian Williams alias Lustmord pour une collaboration haute en couleur, ou plutôt pas du tout. Les deux gars se sont rencontrés il y a plus de 20 ans autour de la création de Fantômas, puis se sont perdus de vue. Mais voilà, la vie est bien faite, notre Dave a de la suite dans les idées, et celle de frotter sa technique à l’univers hors normes de Lustmord a refait surface il y a 2-3 ans. Vous avez du mal à imaginer Lustmord avec une batterie metal ? Moi aussi. Et ça tombe bien ; ce n’est absolument pas ce que propose « The pulse of atoms ». Pour ce projet, l’ami Dave a du totalement revoir sa façon de jouer et de penser la batterie, et ça l’a probablement beaucoup amusé. L’aboutissement de tout ça est bien sûr du dark ambiant bien plus chargé en batterie et percussion. Mais ces éléments ne prennent jamais le premier plan de la musique. Et d’ailleurs, ils ne sont pas non plus utilisés pour rythmer ou cadencer les titres, qui n’en ont pas vraiment besoin, mais plutôt comme des instruments à part entière, installant des sortes de mélodies, ou des secousses telluriques qui rythment et impulsent le voyage. Lombardo avoue sans mal qu’il a dû apprendre la retenue sur ce projet, et changer sa façon de penser son jeu. L’album, hybride, ressemble plus à une musique de film qu’à un album de dark ambiant lambda, et encore moins à un disque de metal. La musique de Lustmord convoque des puissances cosmiques ancestrales, évoque des espaces immenses et sans fin, des descentes dans l’abîme ou des voyages dans l’inconnu. Il est possible d’ailleurs de rencontrer les deux au sein d’un même titre, et d’avoir l’impression d’à la fois se heurter à la matière et à l’immatériel. Contradictions ? Non, oubliez ça ; il n’y a pas de contradictions ici, c’est juste une logique et un monde qu’on ne connaît pas et qu’il n’est pas à notre portée de comprendre. Et c’est bien ce qui rends uniques et passionnant ces sept titres de deux monstres sacrés de la musique de notre siècle !

NSP 8 dark ambiant 2026 USA

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