
Eremos-IX est un groupe qui nous vient de Lettonie, a été fondé en 2018 et présente sa musique comme du blackened death/doom. De fait, elle présente un caractère très brut dès que “Silicate heart” qui attaque fort et vite. Pourtant, parfois le titre se calme et on y entend autre chose, une musicalité serpentine, inhabituelle… et vraiment intéressante. C’est pas vraiment du doom, pas vraiment du dark, mais quelque chose entre les deux. C’est deux fois plus flagrant sur la très bonne “Rottweiler” avec Eva Beatrise Auzenberga au saxophone et Gundega Māra Grūtupa au chant. « The mariner » met en avant le goût du groupe pour la dissonance mais toujours avec une puissance de feu certaine ; la grosse voix death, la rythmique bucheronne, les riffs tonitruants… il faut bien le dire, c’est pas de tout repos et même pour des habitués, ça peut à la fois surprendre et harasser. On s’en prend, clairement, plein la gueule et les oreilles. Niveau texte, le groupe est assez littéraire et érudit. « Foregone » est centré autour d’une question : à partir de quand un choix n’en est plus un ? Si ce n’est pas un concept-albulm à proprement parler, les titres explorent cette thématique en utilisant le prisme de la religion, l’histoire, la philosophie… Le disque est assez court (35 minutes), et on a donc tout le loisir d’y revenir si on est pas sûr des subtilités derrières les décibels. Car c’est bien de ça qu’il s’agit : Eremos-IX ont l’air de brutes, mais ce sont des brutes subtiles. Alors si vous êtes prêts à écarter le gros son pour le constater, faites-vous plaisir !






