KLUB DES LOOSERS : La fin de l’espèce

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C’est terrible comme on peut trouver certaines choses géniales et repoussantes à la fois. Le versaillais Fuzati fait partie de ces choses musicales pour moi. Je trouve son flow intéressant, original, ses textes exceptionnellement bien écrits, proches dans l’esprit d’un Arnaud Michniak. Mais le tout et son habillage sonore me fatigue au bout de deux morceaux. Heureusement, d’autres plus ouverts que moi ne réagissent pas comme ça, et le premier album du Klub, « Vive la vie », soit l’existence vue au travers des yeux d’un ado, a connu un franc succès, et aboutit à cette « Fin de l’espèce » qui change de concept pour adopter le ressenti d’un trentenaire. Soit encore des textes douloureusement réalistes, désespérément ironiques, crus et désabusés. Musicalement, Dj Detect prend un peu le contre-pied de tout ça en composant des choses plus légères et vaporeuses. Le résultat a donc quelque chose de brinquebalant, à l’image de la vie décrite ici. Les samples proviennent de choses forcément iconoclastes et hors-normes ; rock progressif, musique de film, comédies musicales, chansons traditionnelles… Un folklore bien éloigné des poncifs du genre. Fuzati débite ses textes d’un air toujours aussi nonchalant, détaché, comme si même son art ne revêtait plus d’intérêt pour lui. Pour sûr, cet album est loin d’être un ratage. Il est pour le rap français comme une bouée de sauvetage accrochée à un chalutier qui coule : un futur illusoire, une planche de salut temporaire avant d’avoir une nouvelle fois la tête sous l’eau. Noir, c’est noir… 

Paroles de l’album

Site officiel

Klub Des Loosers : L’indien

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