
Troisième album pour les nantais de Bleakness. Le groupe, attaché au punk rock et au post punk, navigue entre les deux styles en y versant pas mal d’influences old school. Au programme donc, de l’énergie et un côté gothique / dramatique, notamment dans les accents vocaux. Niveau thèmes, on reste dans le classique pour le genre : critique acerbe d’une société qui écrase, qui exclut, qui stigmatise, qui jette de la poudre (de perlimpinpin ?) aux yeux des plus crédules ou des moins armés. Il est à noter que le groupe a bénéficié de l’accompagnement de Ryan Patterson pour la prod du disque, et celui-ci les a poussés à repenser et modifier leur son. On a donc ici l’expression du groupe dans toute sa pureté. C’est brut, nerveux, efficace et délicieusement rétro. Et plus on écoute le disque, plus on apprécie cette relative simplicité qui fait naître de très chouettes moments ; « Numbering machine », « This vicious game », « A sour sensation », « Spinning around », « The left behind » sont vraiment des titres qu’on est et qu’on sera content de (re)croiser. Il y a une immédiateté, une évidence ici qui fait plaisir à entendre. Et une économie d’effets qui va contribuer au fait que les titres sonneront moins datés dans le temps. On est clairement pas sur de la pop punk festive et sans conséquence, on sent bien l’amertume et l’acidité qui transparaissent des titres et des mots de Bleakness, mais pour autant on se sent quand même l’envie de reprendre les titres en chœur dans l’habitacle confortable d’une voiture ou dans la tempête émotionnelle d’un concert. Quand on compare avec le disque précédent « Life at a standstill », la différence n’est toutefois pas flagrante ; les mêmes ingrédients, mais avec une volonté renouvelée de se faire plus direct. Et ça paie, même si cette préquelle mérite aussi d’être écoutée. « Blurred visions » est une belle preuve de la vivacité du post punk en France, voir du punk tout court.






