
En 2024, pour son premier album, le duo de Los Angeles Aldheorte m’avait plutôt impresssionné par sa capacité à s’inspirer largement du style scandinave nineties tout en prenant garde à ne pas trop le singer et conserver un son moderne… mais pas trop. Car oui, tout comme une bonne partie de ses congénères, Aldheorte regarde notre monde avec un oeil dédaigneux sinon accusateur, rejetant une bonne partie de ce que nous sommes en train de devenir. Ce second opus est d’ailleurs une salve conte la violence sociale, la perte de repères et l’individualisme forcéné qui nous caractérisent aujourd’hui. Musicalement parlant, on retrouve les marqueurs de “Where gods have eyes to see” ; batterie (très bien) programmée, riffs froids et tranchants, voix écorchée, alternance de passages mid tempo et up tempo, de rage pure et de passages plus mélancoliques, et “mur” de guitare (en couches, en tremolo, en accords tenus) qui donne parfois l’impression qu’un clavier est présent. Le groupe n’a donc pas vraiment changé sa recette, mais on peut avoir l’impression (assez juste) qu’il a appuyé les nuances de sa musique pour leur permettre de gagner en impact. Et il a aussi fait plus court (ici 37 minutes contre plus de 50 pour le premier opus) ce qui accentue également cette impression. Ce à quoi on assiste, c’est donc un autre pas en avant d’une formation discrète mais tenace et encourageante. Un titre comme “Prayers to fallen gods” est vraiment très réussi, tout drappé qu’il soit dans un clacissisme certain. Il est aussi à noter que si Aldheorte rejette les religions traditionnelles, il ne s’affiche pas non plus ouvertement comme sataniste, ce que je trouve assez intéressant ; après tout, christianisme et satanisme ne sont que les deux faces de la même pièce, un rejet total du concept de religion me paraît plus cohérent. Bref, “The wild divine” est une autre belle surprise de la part du groupe ; on commence à s’habituer et c’est plutôt cool de savoir qu’une formation talentueuse de plus peut perpétuer le genre !






