
Avec ce dixième album studio et ses 40 ans d’existence, le groupe de Greg Dulli vient ici avec un disque qui, forcément, est porteur d’un poids certain. Celui des années ? Pas seulement. Celui d’une vie passée à se chercher, à s’inventer des personnages pour mieux alimenter sa musique, sa légende. Sauf que le rock sauvage du groupe s’est de plus en plus teinté des influences soul et gospel de son créateur, à mesure que celui-ci faisait la paix avec ses démons intérieurs, apprenait à se connaître et, oui, se maîtriser. C’est bien de ce contrôle qu’il est question ici ; celui de soi-même, exercé d’une main ferme mais avec la tranquillité de celui qui sait que plus rien, désormais, ne lui échappe. Ainsi il peut se permettre de mélanger riff country rock, groove musclé et gospel sur la très bonne “Jungle roux” introduisant l’album. Puis enchaîner sur un titre bien plus classique qui séduira les fans avec “House of I”. “Duvateen” me plaît moins ; en l’occurence, le contrôle exercé ici est trop grand, le titre trop policé. “My lover” repart vers un style assez classique pour le groupe et rock. Pas mal du tout. “The deepest part of the darkest shadow” suit à peu près le même chemin avec plus de mélancolie et une couleur jazz inattendue. “Mariah Luster” est assez lumineuse : un peu trop pour moi. “Memphis, Texas”, “77” et “Loose talk” sont encore des titres assez nostalgiques et calmes, et “A simulation” est un titre complètement mélancolique présentant une montée en émotion progressive, assez proche d’un Twilight Singers. Au final, “Soft control” dresse un bilan de ce que peut proposer The Afghan Whigs, avec un scope plus apaisé et maîtrisé. Un très joli retour après 4 ans de silence ; le groupe continue d’évoluer à son rythme, en adaptant son identité musicale à ce que ses musiciens deviennent en tant que personnes.
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The Afghan Whigs – Soft Control Lyrics and Tracklist | Genius






