
A la découverte d’un premier titre très folk, « 1696 » de la nouvelle et neuvième galette des finlandais, on pourrait croire qu’on nous les a changés, qu’ils ont décidé de passer à autre chose, de se démarquer de leur death dark mélodique habituel. Que nenni, c’est juste une belle mise en ambiance pour nous catapulter vers l’année en question et une évocation de la chasse aux sorcières. Après un peu plus de deux minutes, la sauvagerie reprend ses droits, et on retrouve la justesse d’écriture et l’implication dans tous les détails du groupe. Comme d’habitude, les riffs sont impériaux, la voix profonde et écorchée, l’intensité et l’émotion guident les titres, et on aura du mal à reprocher quoi que ce soit à ceux-ci. De la participation de Sakis Tolis de Rotting Christ à « White christ » qui semble avoir été écrite pour lui à celle de Johanna Kurkela (qu’on a déjà pu croiser sur du Sonata Arctica ou du Nightwish, et qui gravite autour de musiciens metal en développant un style plus folk) sur la superbe « Godforsaken », de la pacifiée « The unrest » au final épique en apothéose « The rapids » (peut-être le plus progressif de tous) en passant par tous les autres, rien n’est à jeter sur ce disque qui célèbre, mine de rien, les 25 ans du groupe. Un temps que le combo a mis à profit pour étudier, travailler, s’améliorer ; il est tout naturel qu’il puisse en cueillir les fruits avec un album aussi réussi que « Anno 1696 ». D’année en année, le groupe s’est extrait de l’ombre trop présente de son cousin local Amorphis, et jouit désormais d’une fanbase ample et méritée, qui ne va sûrement pas cesser de grandir avec ce disque.