FURAX BARBAROSSA ET SCYLLA : Jungle noire

Eh mais ils ne se quittent plus ces deux-là ! Suite logique de leur album « Portes du désert », « Jungle noire » est le retour à la cité, au coeur de cette jungle noire qui les a vu naître et nourrit leurs rimes depuis tant d’années. Mais avec une énergie et une volonté renouvelée de leur séjour ressourçant « loin de tout ». en fait, ce disque n’était pas prévu à la base mais est né d’un titre, le deuxième de cette nouvelle sélection, « Hayawan », né pendant la tournée qui a suivi la sortie de l’album. Et là, c’est une évidence ; la coopération entre les deux amis doit avoir une suite. Une suite plus urbaine, plus violente, plus instinctive. Les prod’ sont à l’avenant ; ça sonne grand écran, guerrier la plupart du temps, même si la noirceur et le côté intimiste, dramatique sont toujours là. « Zénith » s’avance comme une présentation du projet ; pourquoi on est là, et qu’est-ce qu’on vient faire. Pas mal, mais pas un titre essentiel. « Hayawan », en revanche, envoie du lourd sur une mélodie et une structure qui rappelle forcément le terrible premier single « Rois de la jungle ». « Atlas » et « Horizons » (avec ISHA) sont plus tristes. « Lune de sang » est un autre grand moment du texte, avec un thème classique mais une interprétation conjointe brillante. « Avec le temps » présente un featuring assez énorme… IAM. Et les deux univers ont pas mal de points communs, c’est ici assez évident. On appréciera le clin d’oeil de Furax à Sad Hill (« Si j’avais su à quel point une mère est chère je l’aurai jamais déçue »). On appréciera le titre tout court, car il est à la hauteur des attentes qu’il fait naître. « On apprend rien, on se souvient » est aussi bon. « Autrement » est un peu trop attendu à mon goût. « Trône », déjà parue aussi, est émouvante et sensible. « Khabib » (avec Soprano et Alonzo) suit la vibe « Rois de la jungle » ; un peu trop proche musicalement, mais bien foutu quand même. La jazzy et minimaliste « Violence » fait du bien en posant une autre ambiance. « Puis j’oublie » avec JeanJass et Caballero suit sur le même mood, mais peut-être un peu trop loin des habitudes de notre duo franco-belge pour moi. « Usumacinta » en revanche, tranche assez durement avec ces deux titres, et s’il est chargé d’égotrip et de boom-bap de daron, bah… c’est tout ce que j’aime ! Enfin, « Dimanche basique » présente une magnifique instru et un parler vrai, sans faux semblant, celui d’hommes et de pères qui sont revenus des mirages du hip-hop. « Jungle noire » se place donc en digne successeur du premier méfait commun de Scylla et Furax : ces deux-là sont fait pour bosser ensemble, ils produisent des merveilles, alors j’espère qu’ils le feront encore !

H 8 rap 2026 France

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Scylla & Furax Barbarossa – Jungle Noire Lyrics and Tracklist | Genius

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