
Être indépendant, c’est quoi ? Bah ça peut prendre différentes voies. Parler d’artistes dont les autres ne parlent pas, dire des choses que les autres ne disent pas, faire l’impasse sur des trucs énormes juste parce que « pas envie »… et pas gagner un rond avec ton site parce que tu refuses la pub et les demandes d’articles payés. Mais alors, si je chronique le dernier Foo Fighters, si je fais comme tout le monde, alors est-ce que je suis encore indépendant ? Bah, en fait, je le fais parce que j’ai envie de l’écouter. Si toi t’as pas envie de lire, alors fais comme tu veux. Je ne peux pas dire que je sois un fan ultime du groupe, mais j’ai écouté tous ses albums, et ce depuis le premier, qui reste pour moi un des meilleurs. Et oui, je suis aussi assez vieux pour avoir connu l’explosion de Nirvana. « Your favorite toy » ? Non, je ne pense pas. Mais je retrouve ici des choses que j’avais expérimenté aux débuts du groupe. Une énergie plus punk, un son plus brut et grungy. Après l’électrochoc de la mort de Taylor Hawkins, véritable alter ego du chanteur, Grohl avait d’abord accusé le coup et exprime désormais plus de rage ici. Bien sûr, il n’y a pas que ça, et les sentiments sont bien plus nuancés que ça, mais c’est la couleur dominante. Difficile de ne pas lire entre les lignes des titres ici, comme on pouvait d’ailleurs le faire dans « But here we are ». Mais là où le disque précédent marquait une pause, celui-ci parle de continuer malgré tout. En se posant mille questions, sur qui on est maintenant, qui on sera demain, ce que le monde a fait de nous, ce qu’on regrette du nous d’avant… Mais en continuant quand même. Le côté noisy pourra en décontenancer certains qui ont rejoint le gang des ufologues sur le tard. Ilan Rubin (rien à voir avec Rick), ex Angels & Airwaves et Nine Inch Nails, s’en sort très bien derrière les fûts. Il n’a ni le même jeu ni la même personnalité que Hawkins, et c’est probablement ce que Grohl cherchait. Foo Fighters ne cherche pas à vraiment revenir à une version précédente, il cherche à muter, à allier le meilleur de plusieurs époques. Est-ce que c’est réussi ? Et bien… ça dépend ce qu’on y cherche. Certes, on retrouve la fougue des débuts, la rage des la plus brute, et l’écriture tout de même pop des Foo. Mais pour moi, ça reste parfois un peu déséquilibré, ou un peu trop brut. « Unconditional », « Child actor » ou « Asking for a friend » fonctionnent bien, mais le reste me laisse un peu plus de marbre, même si ça reste de bons titres. Un douzième album ou le groupe se renouvèle et se cherche en même temps.
https://www.facebook.com/foofighters
Foo Fighters (@foofighters) • Photos et vidéos Instagram






