PHOEBE BRIDGERS : Lost weekend

En lançant la lecture de ce troisième album de Phoebe Bridgers, j’ai du vérifie que je ne m’étais pas trompé ; je ne m’attendais pas du tout à cette intro si particulière, avec une voix trafiquée. Bah oui, dans mon souvenir, la dame s’orientait plutôt vers une pop folk des familles plutôt que sur une electro pop un poil expérimentale. Ah bah oui gros malin, mais le seul truc de la dame que tu aies écouté, c’est un ep avec les reprises thématiques pour noël ! Pas ses autres albums, d’où perçaient des éléments ambiant. Pas son groupe Boygenius, qui lui intègre aussi des sonorités plus modernes et electro. Bon. « Lost boys » démarre et me remet les pieds sur terre ; oui oui, on est bien là où je pensais. Mais il y a bien ici, et c’est une nouvelle donnée, pas mal de vocoder et de sonorités électroniques, de textures modernes. Pour autant, on ne mise pas tout sur le rythme, et le disque demeure calme. Calme, mais pas apaisé pour autant ; ici on parle de deuil, de perte, de bilan de carrière et de vie. Phoebe a perdu son père, son couple s’est éteint, et ses illusions par rapport à ce qu’elle attendait du succès se sont évanouies pour laisser place à un constat ; inutile de faire des plans sur la comète de manière générale. Peu importe ce qu’on perd ; il faut faire avec ce qui reste, et nous y adapter au fur et à mesure. Ne croyez pas pourtant que c’est un constat amer ou d’échec. « Lost weekend » n’est pas un disque si sombre, et le deuil n’y est pas utilisé de la manière la plus classique qui soit. Parce que chez Phoebe, perdre une personne ne signifie pas la mettre sur un piédestal et idéaliser tout ce qu’on a vécu avec elle. Des nuances traversent donc le disque, et elles se ressentent autant dans la musique que les textes. Ainsi le refrain de « Lost boys » évoqué plus haut est plutôt enjoué, tout comme celui de « Bobby » (qui conserve quand même une mélancolie certaine), ou celui de « Haunted », de « Never going back » (aux accents très country). A côté de ça, on a bien sûr des titres bien plus intimistes, et pas mal entre-deux. Et une foule d’invités, dont certains à contre-emploi. Niveau textes, on a aussi l’impression que Phoebe Bridgers veut nous perdre. Ceux-ci sont beaucoup plus opaques qu’avant, avec des sortes d’allers-retours ou portails vers d’autres dimensions de sa mémoire. Bref, « Lost weekend » n’est vraiment pas le disque le plus évident de la dame, et j’avoue avoir même encore du mal après plusieurs écoutes à déterminer si j’y adhère vraiment, bien que je le trouve vraiment intéressant d’un point de vue créatif. Essayez donc et faites-moi vos retours !

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Phoebe Bridgers – Lost Weekend Lyrics and Tracklist | Genius

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