
Depuis quelques années, les disques de Didier Super sont caractérisés par leur côté ensoleillé, qui tranche bien avec le contenu des paroles, empreintes de trentième degré (c’est de saison). Mais voilà, depuis ses débuts, Olivier Haudegond aime être là où on ne l’attend pas, et il sait bien aussi que son public attend de lui des hauts faits. Alors le voici aujourd’hui avec un « pas vraiment nouvel » album qui vient réorchestrer des titres phares en version metal. Quoi, c’est tout ? Un peu comme « Vaut mieux en rire que s’en foutre II » à l’époque ? Non, pas tout à fait. Déjà, parce qu’il est plus réussi (bah ouais, t’en penses ce que t’en veux, mais je préfère de loin la version bricolée à la maison du premier album). Le metal, c’est pas un gadget, pas une découverte chez Didier Super, il connaît ça, et le punk aussi. Alors le riffing qu’on va trouver ici n’est pas ridicule, loin de là. Mais aussi (surtout ?), la force du mec c’est d’être au taquet. Comment ? En réactualisant en permanence ses textes, en faisant de son « œuvre » quelque chose de vivant et évolutif, jamais figé dans le temps, à la manière d’un humoriste ou… d’un journaliste. Car oui, Didier Super, c’est un peu des deux. Il rend compte, à sa façon décalée et outrancière, des dérives de son époque, de la déliquescence de la société. Bon. Maintenant, « outrancier », c’est bien le mot qui correspond à ce disque. Didier gueule fort, joue fort, ses choristes aussi, et va même allonger les titres pour y ajouter des éléments encore plus graves et allonger les riffs. Il n’y a que sur le dernier titre « Petit bonhomme » que sa « grande sensibilité » va s’exprimer. Bon, et alors, bilan de ce vrai faux nouvel album ? Côté metal, c’est réussi. On colle bien au genre autant dans la musicalité que dans l’ambiance générale. Côté Didier, c’est pareil. Que ce soient les paroles originales ou retravaillées, elles font toujours autant mouche, impossible de ne pas au moins sourire à leur contact. L’ensemble est donc très positif, même si pour moi (et c’est un paradoxe intéressant pour un metalleux, je sais) c’est un peu trop « criard ».






