
C’est marrant. Je viens de terminer la chronique du dernier Boards Of Canada, et quand « When other worlds await » démarre, j’ai l’impression de ne pas l’avoir quitté. L’autre point commun entre les deux disques, c’est une interminable attente. Et sur ce point, les bruxellois ont fait pire, avec 17 ans depuis « Mirror, mirror ». Et comme pour le duo, le groupe n’a jamais splitté. Il a accumulé les idées (à priori plus de 90 ébauches), enregistré, modifié, repensé, et fini par compiler les 13 titres constituant ce quatrième album. Perfectionniste le groupe ? Ce n’est pas peu de le dire. Il faut dire qu’il a rarement fait de faux pas, alors il y a une légende à respecter. On retrouve dès le morceau-titre toute la démesure et le génie du style Ghinzu ; un titres à tiroir qui louvoie entre montées puissantes, explosions grandiloquentes et instants de folie et de groove. Bien plus concise et ramassée, « Snow white » est assez irrésistible. Par la suite, j’aime beaucoup aussi la très intimiste instrumentale « Mathias is gone », la plus rock « Morning lights », la finale pleine d’émotion « Breathless words ». Et les autres ? On remarquera sans trop se forcer que l’ensemble du disque est bien plus pop que rock, que le tout est quand même plus léger. Et donc, même si ça reste très qualitatif et sympa, pour moi «W.O.W.A » manque un peu du côté imprévisible et original d’un « Blow ». Bien sûr, celui-ci avait déjà été un peu atténué sur « Mirror, mirror ». Le style est désormais établi et assez reconnaissable, et John Stargasm a une patte certes très personnelle mais qui n’évolue plus que par touches. Ghinzu reste Ghinzu, mais n’a plus cette aura de « on ne sait pas à quoi s’attendre d’une seconde à l’autre ». Allez, c’est déjà très bien comme ça !
https://www.instagram.com/ghinzu






