
Assez tôt dans l’album, et même si on le savait déjà, San-Nom évoque le fait qu’il a été lourdé de sa maison de disques. Aucun étonnement de ma part ; même si le mec est bourré de talent, il prend un malin plaisir à marcher en dehors des clous depuis… Bah, depuis toujours. Les règles, les poncifs, c’est pas pour lui. Pour lui qui est fan de Renaud, suivre ses traces en grossissant le trait, c’est pas une option, c’est un sacerdoce. Et un Renaud des 70’s aujourd’hui, il serait accueilli où ? Bah en indé, là, derrière les gros vendeurs, à gauche de la gauche de ce u’il est acceptable d’écouter. Oui, mais. Concrètement, un truc me dérange quand même. Et en même temps, ça me rend fier pour lui ; San-Nom ne reste jamais immobilé longtemps. Si ses textes partagent pas mal de points communs, musicalement parlant, ses derniers albums sont vraiment différents. Si “Silence” et “Un peu pitoyable” étaient plutôt sombres globalement, les dernières productions du “rappeur en tiags” sont bien plus ensoleillées. Bien sûr, des trucs comme “Mensonge de l’amour” et pas mal d’autres puent le seum à plein nez, mais quand on écoute juste les mélodies légères des 13 titres de ce nouvel opus, on a l’impression que la vie du gars, c’est une tartine de confiture de fraises des bois. Mais, attendez, est-ce que ce serait pas juste parce que c’est le cas ? Oui, San-Nom se balade toujours dans des bagnoles pourries, des fringues usées pour aller sur des scènes qui manquent de prestige gagner de quoi subsister plutôt que de quoi s’acheter un énième produit de luxe. Mais voilà, il s’en fout. Parce que pour lui, l’important c’est d’exister. Pas seulement entant que personne mais en tant qu’artiste aussi. De savoir que oui, il reste “un putain de galérien”, un éternel cynique, un incompris, mais il reste droit, il fait ce qu’il aime de la façon dont il l’aime. Alors oui, pour ça, ce disque est aussi bon que les autres. San-Nom sait rapper sait chanter, sait penser et raisonner, et ça n’a pas de prix. Musicalement, c’est pas la même ; sa propension à bourrer ses instrus de références à l’ancienne (films ou personnalités), c’est un peu en-dehors de mon prisme, et cette relative légèreté mélodique me touche moins que ce qu’il a pu proposer avant. Je continuerai à le suivre et à l’écouter, bien sûr, mais je reste moins convaincu par cette nouvelle mouture de son art.






