DRACONIAN : In somnolent Ruin

Ah oui, ça fait quand même 10 ans que je n’ai pas parlé de Draconian ici. Bon, ça prouve au moins une chose, c’est la longévité du combo de doom death. Avec son nom et son genre, Draconian n’a jamais caché son admiration pour Paradise Lost, même si j’ai plutôt souvent vu en lui un héritier d’un Theatre Of Tragedy ou Swallow The Sun. « In somnolent ruin » ne fait que confirmer cet état de fait, et même mieux ; sur ce disque, le combo suédois s’impose comme l’un des meilleurs représentants du genre. Les voix féminines et masculines, les passages lourds et éthérés, la poésie et le désespoir, tout semble être parfaitement équilibré ici. J’avais reproché au groupe son manque de variété, l’aspect un peu monolitique de sa musique ; je n’ai pas le même ressenti ici. Pourtant les ingrédients sont clairement les mêmes. Enfin, pas tout à fait, comme le claironne le groupe depuis quelques mois. Effectivement, « In somnolent ruin » voit le retour de Lisa Johansson, partie depuis 2011. Avec elle, c’est une énergie nouvelle qui renaît, une façon de voir la musique et l’écriture. Il paraît. Bon, j’aimerais pouvoir dire que c’est une vaste blague, mais les qualités des 9 titres et de la quasi-heure de musique de ce huitième album du groupe m’en empêchent. Oui, Draconian n’a jamais, ou au moins pas depuis longtemps, été si bon. Et oui aussi, c’est vrai, on a l’impression que « In somnolent ruin » est un disque exhumé du passé glorieux du genre, avec juste un son réactualisé, mais… on s’en fout. Parce qu’il est très bon, voilà, c’est dit. Draconian a largement communiqué sur son « retour aux sources », et c’est amplement justifié. On s’écarte pas mal du gothic metal pour reprendre racine dans le doom death. La voix de Lisa est une respiration permanente qui empêche de confondre le style avec du pur funeral doom, mais on en est quand même très proche assez souvent. Les arrangements sont subtils et ne se perdent jamais ni en démonstration ni en manque d’inspiration. Et si vous voulez faire un tour par les textes, sachez que le concept de l’album repose sur celui de l’âme tripartite de Platon ; la partie rationnelle (la raison), la partie ardente (le coeur) et la partie désirante (le désir, l’envie…). Le groupe cherche à mettre en lumière la séparation de l’âme au travers d’exemples modernes, à illustrer l’illusion procurée par notre monde, cette idée que nous sommes aveuglés, enfermés dans une caverne… Oui, c’est un peu fumeux de prime abord, mais pas tant que ça en fait. Mettez tout ça bout à bout et vous comprenez en tout cas qu’il y a beaucoup à venir chercher ici, et du bon !

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