
Hemlocke Springs est le pseudo de Isimeme “Naomi” Udu, une musicienne et compositrice américaine qui semble un peu boulimique de musique. A quoi on le remarque ? Et bien, « The apple tree under the sea » est son premier album, mais il fait se rencontrer tellement d’univers pour essayer d’en former un qui lui soit propre qu’on se doute qu’elle a ingurgité une tonne de titres avant, de tous les styles possibles et imaginables. Bon, ok, peut-être pas tous les styles, mais quand même, c’est assez varié comme répertoire. Electro pop, indie pop, R&B, musique de film, et pas mal de folie. Ecoutez un peu un titre comme « Head, shoulders, knees and ankles » ; on croirait entendre un mix entre Gwen Stefani et le Danny Elfman de « L’étrange noël de Mister Jack ». Et c’est franchement réussi et convainquant, même si j’aurai apprécié que tout le titre soit du même acabit et ne présente pas deux salles, deux ambiances. Car oui, en plus de ça, les titres de l’artistes sont assez « narratifs ». Ou libres. Appelez-ça comme vous voulez ; ils suivent leur propre route, leur propre instinct. Comment Hemlock Springs a développé ce côté là de sa personnalité, elle qui a mené jusque-là une existence assez religieuse et qui avait tout l’air d’être assez traditionnelle ? Arrivée aux Etats-Unis avec ses parents venus du Nigeria, elle prend peu à peu connaissance de la culture de son nouveau pays et découvre plus ou moins « en douce » la musique pop. D’ailleurs, elle commence de la même façon à en produire de façon discrète ; son père ne découvrira que bien plus tard sa carrière musique, quand quelques titres deviendront viraux sur tiktok. On peut comprendre que cette ouverture tardive sur un monde bien plus vaste et semble-t-il sans limite lui ait donné le vertige et l’envie de tout prendre sans chercher à faire le tri. Et on peut remarquer que l’assimilation a été assez rapide et menée de façon intelligente. Oui, ça reste un premier album, et donc imparfait et certainement un peu trop ambitieux. Mais il esquisse un univers qu’on a vraiment envie d’arpenter, car il prend racine sur des choses solides (de la musique, bricolée mais pensée et travaillée) et la notion de plaisir (pas mal de feeling eighties je trouve, avec tout ce que ça induit de fun et de feel good). Pas mal du tout !






