
Autant être franc ; en lisant le descriptif de ce premier album de Uuhai, j’ai eu un mouvement de recul. En effet, même si j’ai toujours adoré l’incursion d’influences world dans le metal, les mariages à priori contre nature, à chaque fois que j’ai entendu le résultat de l’intégration des chants de gorge mongols, euh… je n’ai pas aimé du tout. Bon, ok, ça se compte sur les doigts d’une main (The Hu et Tengger Cavalry), mais ça a suffi à m’occasionner un petit trauma. Ouiiiii, j’exagère un chouilla. Et donc, Uuhai reprend le concept du mélange influences orientales et mongoles et metal. Oui, mais il y verse un peu plus de sonorités rock. La conséquence ? Ça va à la fois rendre sa musique plus digeste et plus accessible à tout un chacun. Comprenez qu’étant moins metal, il sera plus susceptible de plaire au plus grand nombre. Oui, ça peut ressembler à une tentative commerciale. Mais je ne pense pas. Parce que oui, quand même, le metal est présent dans l’imagerie et l’énergie déployée sur scène comme sur disque par les sept musiciens. Et comme son artwork le laisse deviner, on penche volontiers ici vers une ambiance guerrière et épique, même si des aspects festifs n’hésitent pas à pointer leur truffe ça et là. La longue intro « Beginning » nous propulse vers une « Human herds » aux choeurs bien présents et aux couleurs heavy metal. Un titre où on se dit aussi que l’allemand et le mongol ont quelques sonorités en commun. « Ancient land » dégaine un gimmick vocal très folk dont, j’avoue, je ne sais pas vraiment quoi penser, même si je trouve qu’il s’intègre très bien au titre. Il lui donne cependant plus de couleurs, et pas sûr que ce soit ce que je préfère. La chanson portant le nom du groupe est assurément celui qui fonctionne le mieux, renfermant tous les ingrédients de sa musique dans un dosage parfait. « Dracula » est également très enlevée et directe, alors que « Khurai » change complètement de braquet avec un côté bien plus atmosphérique et posé. « Khar kultz » part totalement dans l’autre sens, remettant du rythme et de la rugosité dans l’alambic. « Paradise » est le titre le plus léger du lot, et probablement celui que j’aime le moins, et les deux derniers sont dans la « tradition » (oui, déjà) Uuhai. Alors ce premier album ? Complètement potable, mais il a tendance à la redondance sur la longueur. Rien de vraiment étonnant, mais de bonnes idées qui demandent à être creusées.






