
Si Xasthur avait à ses débuts une couleur black metal, ce temps est bien révolu depuis longtemps. Par la suite, son créateur Scott Conner a créé Nocturnal Poisoning… qui m’a d’abord excité de par son concept, puis gavé avec un “Doomgrass” qui hélas, pour moi du moins, ne tenait pas du tout ses promesses. Je n’avais, il faut le dire, pas saisi tout l’enjeu du disque, ni du musicien derrière. Monsieur aime explorer les limites de la musicalité, conjuguer atonalité, côté répétitif, dissonance et expérimentation. Alors oui, comme le stipule le titre de cette renaissance de Xasthur, sa musique peut être mal interprétée. Et avec le temps, il s’est ouvert à ça, l’a accepté, et l’accueille même comme faisant partie de son expérience d’artiste. Autant vous dire que oui, bien sûr, ce disque ne parlera pas à tout le monde. Une guitare à douze cordes, une batterie programmée, une basse plus présente, absolument aucun instrument metal mais un côté volontairement sombre et mélancolique au sein d’une instrumentation purement folk, voici ce que vous trouverez ici. L’album a été enregistré par Scott lui-même, dans différents lieux en Californie, avec un enregistreur portable. Donc oui, ça sonne assez roots, et ça renforce l’aspect étrange de sa musique. Concrètement, on a parfois l’impression (comme je le disais pour “Doomgrass”) que la guitare est désaccordée, ou même que deux groupes jouent deux titres différents en même temps. Pour autant, “Open to misinterpretation” ne me fait pas le même effet que le disque précité. Je le trouve même (presque) fascinant dans son jusqu’au-boutisme. Bon, ceci dit, même si le disque est court, 33 minutes de ce traitement, ce n’est pas pour tout le monde, alors il faudra les écouter dans les bonnes conditions, l’esprit bien ouvert et sans mal de crâne préalable. Car c’est bien “autre chose” que nous propose Xasthur. S’il refuse les étiquettes, Scott Conner refuse surtout d’être enfermé par des habitudes, des logiques, et y compris par lui-même. Pourtant ce disque présente une logique assez comparable d’un titre à l’autre, un “style” qu’on aura finalement pas de mal à reconnaître dans le futur s’il n’évolue pas. Bon, et comment on note un truc pareil au final ? Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé, ni vraiment le contraire. Je trouve Xasthur vraiment intéressant, novateur, parfois bon… et à la fin il me fatigue. Drôle de créature, mais véritable vision personnelle !






