
Le metalleux moyen a longtemps souffert d’une image de geek passionné de dragons, adorateur de satan et joueur invétéré de jeux de rôles. Même dans les séries les plus récentes, les clichés ont la vie dure. Pas forcément à tort, je le concède. Mais pour lutter contre ça, pas mal de formations ont décidé, consciemment ou pas, d’intellectualiser le mouvement, de lui apporter une profondeur technique et / ou textuelle. Et puis, il y a ceux qui s’en tapent le coquillard. Summoning The Leech. Quoi, j’ai besoin d’expliciter ? Rien qu’avec le nom, on le devine, les textes sont très colorés heroic fantasy. Ne vous attendez pas pour autant à un style heavy metal classique ; ici, on est bien dans le death technique à tendance core. Ce qui signifie que, même si vous n’accrochez pas aux paroles, bah, on s’en fout un peu quoi. Mais si vous y êtes attachés, sachez que ce deuxième album continue l’histoire du premier ; la liche vengeresse a présent levé une armée, et un affrontement va fatalement avoir lieu. Brutal, technique, infusé à d’autres douceurs du metal extrême (de légères traces de black, de grind), rapide, bien équilibré en terme de voix (death profonde, criarde, thrashy, les intonations sont nombreuses et bienvenues), le style est affûté, mélodique et malin. Le groupe parvient à bâtir des titres très structurés mais aux motifs se répétant assez pour accrocher l’oreille : du riff oui, mais pas de façon démesurée. Chaotique oui, mais chaotique neutre quoi ; l’équilibre est important, et les gars en ont conscience. D’ailleurs, cette notion d’équilibre, on la retrouve aussi dans la diction de David Bruno, qui prend garde à allier articulation et chant bourrin, et aussi dans les parties de guitares. On appréciera la présence de quelques cordes ici et là, juste ce qu’il faut pour amener un peu plus de diversité. Les onze titres de « Under the reviled throne » parviennent à sonner écrits et brutaux, et on ne peut que féliciter la bande de Saint Louis pour ça !