
Allez, celui-ci, ça faisait un moment que je voulais en parler. Puressence est issu d’une scène mythique qui ne m’a jamais, ou du moins très rarement, parlé ; la scène indie rock anglaise. Oui, alors beaucoup se pâment devant les Smiths, les Stone Roses, James et consorts, moi ça m’a toujours fait royalement ch… Enfin bref, là n’est pas le sujet. Si les plus connaisseurs du genre trouveront probablement pour rapprocher ce premier album du groupe paru 5 ans après sa formation (oui, les gars ont pris le temps de bien faire les choses, et ce n’est pas moi qui vais leur reprocher) du mouvement mancunien, moi, mis à part l’origine géographique, je ne capte rien. Parce que la musique de ce premier opus décisif est bien plus sombre, et que rien que la voix de James Mudriczki est une différence qui… fait la différence. « Near distance » qui ouvre la marche l’illustre bien : le titre avance doucement, avec ses sonorités shoegaze, sa voix androgyne, mais a quelque chose de gros rock – avec une sensibilité résolument indie, et une noirceur certaine. Le single « I suppose », emblématique du groupe, continue à allier subtilité et puissance. « Mr Brown » se fait plus shoegaze dans ses couplets mais lâche toujours des guitares (maîtrisées) dans son couplet. Avec « Understanding », on plonge complètement dans la mélancolie et la douceur, ce qui n’empêche pas le titre d’être réussi. Par la suite, on craquera facilement sur « Traffic jam in memory lane » et ses guitares conquérantes (même si son refrain est un peu trop pop pour moi), « Casting lazy shadows » et son refrain catchy et énergique, « You’re only trying to twist my arms » (une pépite de l’album à mon sens, toute en montées de tension), et la finale « India », puissante et évocatrice. Bref, ça fait pas mal tout ça pour un seul album. Et pourtant, à sa sortie, ça n’a pas du tout eu l’effet escompté ; si la reconnaissance médiatique était là, le grand public est un peu passé à côté, tout occuppé qu’il était par le duel Blur / Oasis qui faisait rage à l’époque. L’apanage des albums cultes ? En tout cas, il l’est pour beaucoup qui ont (re)découvert le groupe et le disque quelques années plus tard. Avec le côté cyclique de la mode, verra-t-on donc « Puressence » sur des t-shirts dans un ou deux ans ? Ce ne serait que justice !
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