
Je ne me suis jamais penché sur les œuvres des groupes de l’autoproclamée « Wave » de la scène emo screamo américaine, dont Pianos Become The Teeth fait partie. Par curiosité, j’ai lancé « Out of sight », le premier titre de ce cinquième album du groupe, et ça l’a fait, tout simplement. En fait, de screamo, on en trouve pas trace ici, et d’emo, à la lisière du chant. Le titre, qu’on ne saurait qualifier de balade, est un long développement structuré sans en avoir l’air, à l’ambiance assez maussade et au format minimaliste. Mais il est réussi, aussi énigmatique que prenant. « Genevieve », l’un des singles, est bien plus convenu. Il conserve un côté dream rock / post rock, mais aussi une certaine noirceur, et installe une montée en puissance assez typique du genre. « The tricks » surfe à peu près sur la même vague et met une fois de plus en évidence les influences shoegaze / post punk du groupe. « Easy » expulse la tension de l’équation. Les autres la font entrer à nouveau, mais toujours avec parcimonie : le groupe semble avoir profité du confinement pour se transformer, et « Drift » est incontestablement plus introspectif qu’eruptif. Pour moi qui découvre la voix de Kyle Durfey, c’est une évidence : celle-ci sonne plus shoegaze et anglaise que nombre d’autres groupes « du giron ». Bien sûr, ce n’est pas un gage de talent ni de succès, mais ça aide grandement à l’imprégnation. Cependant, « Drift » n’est pas le disque auquel je m’attendais. Ce qui ne m’a pas dérangé de prime abord, mais qui ne m’empêche pas d’être un peu déçu, puisque le shoegaze n’est pas vraiment mon genre de prédilection (non plus), et que ce nouvel opus en est truffé, n’en déplaise aux fans et aux premiers intéressés. Quelques titres sont très corrects, mais j’avoue que ça ne me suffit pas pour l’envisager comme un disque sur lequel me retourner.