
Les norvégiens de Malum ne cherchent pas à populariser le black death metal. Leur style est volontairement tourné vers le nihilisme et le refus de toute compromission avec le « monde moderne » et ses habitudes. Oui, ça reste mélodique, mais tout de même très brut. Ne cherchez pas de cosmétique ici, chaque note, chaque mot dépeignent un état de profond dégoût du monde, de misanthropie et de haine de soi-même. Des riffs répétés en boucle, une voix limite death qui ne cherche pas du tout à prendre la lumière, un tempo certes rapide mais contrebalancé par des riffs plus rampants, une utilisation des atmosphères pas pour faire joli mais pour amplifier les émotions négatives que le groupe veut faire passer ; c’est ça Malum. Les norvégiens n’ont attendu qu’un album pour être signés sur Dark Essence, ce qui est plutôt bon signe. Sur ce deuxième album, le son est plus travaillé, l’ensemble est un peu moins sauvage mais fait ressortir plus précisément chaque élément (c’est particulièrement perceptible pour la voix), et donc la personnalité du groupe. Les titres y gagnent en amplitude d’action et en impact… et en noirceur. La comparaison avec des groupes raw des pays de l’est ou des formations plus puristes est logique et assez juste. Malum n’est pas là pour s’extirper de la masse mais plutôt pour être un autre doigt pointé sur elle, accusateur et dédaigneux. On nous parle d’« expérience philosophique » à la lecture des paroles, ce que je ne peux pas confirmer puisque je ne les ai pas sous les yeux et qu’elles ne sont pas disponibles en ligne. En attendant, « From the voids » s’adresse vraiment à un public acquis à la cause du black metal, en recherche de formation prônant un retour aux valeurs anciennes et à une musicalité extraite de toute mode. Oui, « From the voids » est plutôt bien produit dans son genre, mais il ne sacrifie jamais la vision de ses créateurs au fait de s’attirer plus de vue. De toutes façons, que peut-on voir dans les ténèbres, je vous le demande ?






