
Pour ce treizième album, le groupe américain a décidé non pas de se replonger dans son passé musical mais de se replonger dans son passé tout court. De manière assez futée, et pour étayer un constat social assez alarmant mais pour autant très juste, il se penche sur notre société d’aujourd’hui mais avec l’oeil d’antan, mettant en exergue la façon dont nous acceptons de nos jours ce qui alors nous aurait paru insupportable. Progrès ou déliquescence de l’équilibre social ? Ce sera à chacun de le juger, mais le combo, lui, choisit son camp. Pour faire simple, il nous signifie que tout part en gonades. Osera-t-on lui soutenir qu’il a tort ? Ah oui ? Et bien attendez de constater sa puissance de feu et sa conviction, et après ça dites-le moi. Oui, je vous vois venir ; “gnagnagna, le groove metal / metalcore du gang de Richmond (non, ce n’est pas la marque de raclette, c’est une ville de Virginie, ignares) n’a pas beaucoup changé, ils vit sur ses acquis, et puis gnagnagna, ces groupes de gauchos disent toujours la même chose”. Et je vais vous dire ; “Et alors ?”. Non mais franchement, on s’en prend plein les lattes pendant presque 40 minutes, et il dit tout haut ce que tout le monde dit tout haut, alors quoi ? Et oui, c’est encore une fois Josh Wilbur derrière les manettes, ce qui n’aide pas à s’écarter du chemin déjà tracé, ok. Mais le mec connaît le groupe, il en a saisi l’essence et sait parfaitement la mettre en valeur. L’effondrement évoqué ici est déjà bien présent chez nous, mais encore plus outre-atlantique, il n’y a donc aucune raison que Lamb Of God n’en parle pas. Et quand on creuse un peu, musicalement parlant, on se rend quand même compte que la troupe intègre ici des passages plus atmo (“El vacio”, “A thousand years”), là des sonorités qui s’écartent un peu des habitudes (“Sepsis”, “A thousand years”, “The killing floor”). Pas grand-chose de neuf sous le soleil, c’est vrai, mais c’est assez pour ne pas complètement se sentir dans des charentaises. Et puis, bon, comme dit plus haut, ça reste assez meurtrier pour qu’on ne se sente pas floués sur la qualité et l’intensité : “Into oblivion” envoie du petit bois. Alors même si on est pas vraiment chamboulé par l’audace musicale du groupe, on ne boudera pas cette nouvelle offrande ; ça reste du très très très bon boulot !
Lamb of God – Into Oblivion Lyrics and Tracklist | Genius






