
J’avais découvert Jesse Sykes en 2004 avec son deuxième album « Oh, my girl », que d’ailleurs vous pouvez retrouver ici. Je ne vous spoile pas totalement, mais je peux quand même vous dire que le disque m’avait assez transporté. Malgré ça, j’ai totalement zappé les suivants. Et me voici donc plus de 20 ans plus tard aux prises avec ce nouvel et cinquième album. Quoi, cinquième ? Eh oui ; la dame a fait une longue pause de 14 ans entre ce disque et le précédent. Pourquoi ? Et bien la raison de l’absence est la même qui a donné lieu au retour de l’artiste ; le deuil, la perte, l’absence. Après « Marble son », le précédent album, plusieurs membres du groupe le quittent… ou meurent. S’en suit une période de profond doute, sur le bien-fondé de continuer la musique, sur le sens de la vie… Et les pertes s’enchaînent dans le privé. Alors l’inspiration se tarit, laisse la place au chagrin et à la résignation. Mais le rebond finit par avoir lieu, et petit à petit, longuement, le goût de partager ces émotions se fait jour. Je retrouve dès « Feather treasure » l’univers americana – folk et la voix fantomatique de Jesse Sykes, faite de douceur et de mélancolie. La rugosité semble en revanche avoir disparu de son timbre. On la perçoit en tout cas beaucoup moins sur cet opus. D’ailleurs, et si l’album est né de ressentis sombres, je trouve qu’il est malgré tout plus parsemé d’éclaircies que dans mes souvenirs. Pas forcément étonnant ; sur son blog personnel, Jesse Sykes nous en dit plus. Elle révèle que pour elle tout est naissance et renaissance ; chaque perte est donc liée à son sens à un retour. Autrement dit, si la tristesse est bien présente, il n’y a pas (complètement) lieu de se morfondre. On comprend mieux cette apparente sérénité ressentie au travers des titres. Bon, ceci dit, je dois bien avouer que ce côté apaisé n’est pas vraiment ce qui me parle le plus. Bien sûr, c’est fait avec feeling, mais quand même, je préfère les choses franchement sombres et misérables, et donc « Forever, I’ve been born » ne me parle qu’en partie. Dommage.






