
Sur son précédent album “Acts of god”, les new-yorkais d’Immolation m’avaient positivement impressionnés, en modifiant l’ADN de leur death metal pour lui adjoindre les services de la technique et de mélodies déviantes du plus bel effet, transformant assez son style très classique pour lui donner l’aspect et la saveur de la nouveauté, en tout cas à mes papilles. Et trois ans plus tard, que reste-t-il de cette volonté, je vous le demande ? Et bien il y en avait apparemment un peu plus, et les bouchers de Yonkers ont décidé de nous l’offrir généreusement. On en demandait pas tant, mais on est heureux de l’avoir. Car oui, avec cette nouvelle mouture, Immolation fait des merveilles. Bon, ok, quand il se casse un peu moins la tête comme sur “Host”, je trouve que ça s’entend tout de suite et je me dis “quoi, c’est tout ?”. Mais sur l’ensemble de la galette, on est loin de s’ennuyer ou de pouvoir trouver ça simpliste. Immolation nous gratifie en plus d’un instrumental très atmo, “Banished”, qui nous laisse imaginer ce qu’il pourrait faire s’il mettait ce savoir-faire à profit pour intégrer des parties sympho dans son death… Ok, ce n’est pas et ne sera probablement jamais le propos pour les américains, et pourtant je paierai cher pour en avoir un véritable aperçu, persuadé que ça réussirait au groupe. Pour les pionniers du death, la discipline n’est pas un vain mot, et ils se sont affairés ici à proposer le meilleur album possible, du haut de leurs 35 années d’expérience. Respect. Côté thématique, c’est simple : Immolation nous pose ici la question suivante ; est-il vraiment sensé de craindre la descente aux enfers, alors que selon toute vraisemblance, nous sommes déjà en train de la vivre sur Terre ? Ils ont raison les bougres ; inutile de se pencher bien bas pour constater que socialement, intellectuellement, écologiquement, c’est la cata. Mais heureusement, il nous reste du bon gros death metal pour nous éclater !






