
Est-ce que la scène rap italienne est plus intéressante aujourd’hui que la francophone ? Et bien, pour cette troisième expérience en peu de temps, je ne suis pas loin de le penser. Ou du moins de penser qu’elle s’est développée discrètement mais vraiment de la bonne façon, unissant le style, l’attitude et l’esprit. Oui, souvent, elle est teintée d’éléments plus classiques, plus chanson, moins moderne. Mais ce côté un peu plus mélodique et old school me convient. Gemitaiz est un rappeur romain dont « Elsewhere » est le cinquième album. Celui-ci marque une volonté de faire une pause, un bilan, une rupture, et de s’orienter vers quelque chose de plus pur, moins artificiel. Ainsi, le rappeur a engagé de véritables musiciens ici, ce qui confère à l’album une atmosphère particulière et unique. Ce qui frappe tout de suite, ce sont les références à la France disséminées ça et là, et pas plus loin que sur le premier titre « L’altro mondo » avec la participation de Mathilde Fernandez (Ascendant Vierge), mais aussi plus loin avec une référence à St Tropez. Gemitaiz n’a jamais non plus caché son admiration pour le rap français dans sa propension à marier les genres. Marrant qu’il le fasse presque mieux ici. Bref, de l’ambiance neo classique du premier titre en passant par celle jazzy de « Elsewhere » ou « Old school », celle afro-jazz de « Flowman »… Ok, quelques-unes comme « <3<3 » me semblent plus passe-partout et ne me conviennent pas du tout. Mais dans l’ensemble, autant dans son flow que dans la diversité et la richesse de ses instrus, Gemitaiz pose des titres vraiment cools. Les textes traitent de sujets classiques dans le genre ; relations interpersonnelles (amour, amitié, société), pas mal de réflexions sur notre façon de vivre, sur ce qu’on traverse au quotidien ou de façon plus exceptionnelle… « Elsewhere » ne diffère donc pas vraiment de ce qu’on connaît, mais y insuffle une certaine élégance dans l’interprétation. C’est assez pour moi pour adopter ce nouveau venu dans mon monde.






