DIDIER LALOY : Belem & the mekanics

Bon, si je vous présente mon belge Didier Laloy comme un maître incontesté de l’accordéon diatonique, pas sûr que ça vous parle ni que ça vous donne des frissons d’excitation. Mais si je vous présente la nouvelle incarnation de son projet Belem comme la rencontre de la musique de chambre, la musique de foire et les instruments à vent, là j’ai peut-être plus réussi à titiller votre curiosité. Et vous en seriez bien avisés, car que vous ayez déjà trempé dans les combines un peu folle de Didier ou pas, vous trouverez ici de quoi assouvir votre soif d’originalité et de folie douce. Le duo habituel de Belem donc, soit Didier Laloy à l’accordéon et Kathy Adam au violoncelle, se voit ici épaulé par l’orchestre mécanique de Walter Hus, sorte de mutant musical complexe et savant dont le nom pourrait être orguedinateur. Le fracas de ces deux univers aboutit forcément à quelque chose de fantasmagorique et Burtonien. Là où Belem fait (toujours) très fort, c’est dans sa capacité à composer des titres à la fois exigeants, inventifs et passionnants. Ce disque a bien sûr une couleur très musique de film, mais la musique des balkans n’est pas loin non plus, la musique baroque est une cousine proche, et il n’est pas interdit de penser au jazz ça et là, au détour d’une structure particulièrement libre. Bref, ce nouvel album est un grand barnum dans lequel on croise plein de têtes connues mais dont les accoutrements changeants assurent un spectacle à chaque instant renouvelé. Le seul reproche qu’on pourrait faire à ce disque est bien sa forme purement instrumentale, qui ravira probablement les amateurs de Yann Tiersen et consorts, mais a les limites qu’imposent cette formule.

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