
Oui, oui, je sais. Le nom. Mais le second degré, tu connais ? Ce groupe de Hong Kong actif depuis 2013 semble en déborder. Il faut dire que quand on pratique un genre quelque part entre le noise rock, l’electro indus et le rock instrumental, avec une vision éminemment personnelle et originale de la chose, il faut au moins avoir une bonne distance aux choses et aux gens pour pratiquer son art avec conviction en s’affranchissant complètement du regard des autres. D’ennui, il n’en est aucunement question ici. On a plus tendance à se sentir bousculé, mal à l’aise, malmené. Le « Chapter 0 » qui ouvre l’album est franchement flippant. « Nancy nightmare » dégaine des sonorités très industrielles sur un riff puissant en y versant un chant féminin mi planant mi menaçant ; là encore, on est pas dans la bienveillance. « Jenny pain » (beau tableau de famille qui continue) continue sur la même lancée, en un peu plus obsédant mélodiquement parlant : l’un des titres les plus forts de la galette. « Earth song » et son gimmick coup de poing ne sont pas loin derrière. Il était donc temps quon profite d’une accalmie, même si « Visit me (cabin song » tranche un peu trop franchement avec le reste avec sa mélodie à la guitare acoustique. « Martyr#1 » reprend progressivement un rythme et une tension qu’on commence à connaître. « Visit me (body song) » est bien plus brutale et metal que sa jumelle. « Machine#4 » suit le même chemin : intense et sans temps mort. « Still / life » verse plus dans l’electro ambiant, mais version épouvante : plutôt cool. « Midnight gospel » reprend la direction d’un rock plus expérimental et industriel, mais avec une énergie et une accroche plus directe et moins frontale ; un autre bon titre. Enfin, « Coda lamella » me laisse un peu dubitatif avec sa façon de brouiller les pistes et explorer de nouveaux territoires sans vraiment quitter les autres. Au final, je ne peux pas affirmer que « Liminal beings and their echoes » soit une découverte essentielle pour oi dans le sens où je ne parviens pas encore à tout y appréhender facilement, mais en revanche c’est une découverte aussi étonnante qu’intéressante, et je ne manquerai pas d’y revenir dans un proche avenir pour vraiment m’en faire un avis.






