KRISMENN : S’habituer à l’obscurité

Vous connaissez déjà Denez Prigent ? Depuis quelques années, il a bâti avec succès un pont entre folk breton et musique électronique. Je ne sais pas si Krismenn s’en revendique, mais il doit certainement lui devoir quelque chose. Car Krismenn a une démarche assez analogue, en unissant ses racines breizh à son amour du hip-hop indépendant. Pourquoi indé ? Parce que si la matière première est rap, la mise en place de ce premier album est clairement plus expérimentale et originale, et plus proche du post rock. Le phrasé s’est également libéré de l’étroit carcan rap pour aller explorer des territoires annexés. Comment ? Ça a l’air finalement très classique ? Et bien détrompez-vous. Car là où Krismenn innove, c’est qu’il les visite tous en même temps. Rap, chanson, rock, spoken-word, folk, tout ensemble et roulez jeunesse. Bien sûr, il reste la barrière de la langue, mais la musicalité du one-man band est si prépondérante qu’on passe rapidement au-dessus. Il faut dire que Christophe Le Menn a étudié à la fois la langue et le genre pendant un bon moment, tournant et retournant ses idées, soupesant la part de chaque élément, avant de se lancer. Et il a bien fait, car ce premier album dresse les contours d’un univers assez vaste pour éviter la redite, et assez riche pour susciter un intérêt certains de la part de ses auditeurs !

Site officiel

Paroles de l’album

Krismenn : Des rêves rouillés

Related Posts

  • 10000
    Ok, j'avoue, comme tous les autres, je n'ai pas trop prêté attention à la carrière de Disiz la Peste, pas vu en lui autre chose qu'un rappeur d'abord amuseur public avec son single rigolo ("J'pête les plombs") qui a tôt fait de se retrouver piégé par l'image qu'il s'est créé,…
  • 10000
    Deuxième album pour le duo Fixpen Sill, soit Vidji et Keroué, ex-collègues de Nekfeu. Au programme, du rap désinvolte mais loin d'être inoffensif, posé sur des instrumentaux malins entre jazz, electro et street, très bien pensés car ni trop marqués par l'époque ni vraiment old school. Ici, ça parle de…
  • 10000
    Entre Odezenne et Franky Vincent, il n'y a qu'un pas. Ou plutôt 3 lettres, et une orthographe approximative. Car j'ai, comme beaucoup, découvert Odezenne avec leur bluffant « Tu pu du cu », mitraillant les rimes et les jeux de mots comme jamais ou rarement en territoire français. Loin d'être un adepte…
  • 10000
    Depuis Sté Strausz, le rap féminin français en a fait, du chemin. Plus obligées de jouer les sidekicks, de faire ami-ami avec les grands frères en quête d'un parrainage forcément déplacé, les rappeuses se sont cherchées. Car peu importe le sexe ou la sexualité, le genre reste bourré de raccourcis…
  • 10000
    En France, dans le hip-hop, il y a plusieurs écoles. Pas de bol, c'est celle du rap bas du front, limite analphabète, aux discours rebattus, bourré de clichés, d'idées reçues et de raccourcis faciles, né et nourri par l'intolérance qui fait loi. Psykick Lyrikah, lui, fait partie de l'autre camp.…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *