
Altin Gün était un peu revenu sur ses pas en 2023, renouant avec un rock anatolien un peu moins dansant et plus proche d’une énergie live. Pour mon plus grand bonheur d’ailleurs. « Garip » choisit de continuer sur cette voie, mais pas totalement. En effet, s’il est complètement ancré dans la musique turque, puisque l’ensemble de ses titres sont des compositions du musicien, poète et compositeur Neset Ertas très populaire dans la décennie 70-80. Mais les interprétations qu’il en fait se parent de couleurs plus orientales encore, et vont même jusqu’à convoquer des sonorités plus teintées cinéma. Certains parlent de Bollywood, je n’irai pas juste là, mais c’est vrai qu’il y a ici une vibe qui donne plus envie de se déhancher qu’auparavant, quelque chose d’un peu plus théâtral peut-être. Et pourtant, le rock est encore bien présent, et les sensations que j’avais à l’écoute du Altin Gün de 2019, celui qui m’a fait tomber en amour avec le groupe, aussi. Si les textes de Ertas parlent parfois de la condition sociale souvent peu reluisante de ses contemporains, ce qui a évolué depuis, ils évoquent aussi les difficiles relations sociales et amoureuses, et reflètent un certain sentiment de solitude toujours tristement d’actualité. « Garip » est donc un pont entre le passé et la période actuelle, autant qu’un pont entre différentes formes d’expression et des traditions musicales éloignées géographiquement. Mais il parvient à en faire une deux fois deux voies sur laquelle on a envie de circuler le plus longtemps possible, d’autant plus qu’il garde toujours quelque part la pointe de nostalgie / mélancolie qui m’est chère. Au final, impossible de déterminer si on ne le sait pas à l’avance que les titres de « Garip » ne proviennent pas complètement du groupe ; c’est ça la magie d’Altin Gün !






