
C’est drôle, j’étais persuadé d’avoir déjà croisé les allemands de Firtan par ici. A vrai dire, une fois étudiée leur discographie, je pense que “Ethos”, il y a deux ans, était dans ma liste d’écoute. Pourquoi il en est sorti ? Aucun souvenir. Mais en lançant “Helios”, je me dis que j’ai peut-être raté quelque chose. Firtan vient du black metal, c’est une évidence. Mais ça doit faire quelques temps qu’il prend ses distances avec le genre étant donné la matière noire mais mouvante dont il nous gratifie aujourd’hui. “Himsa” nous fait entrer doucement dans l’univers bigarré d’“Helios”. L’idée du disque, c’est celle de la transformation personnelle, de l’accomplissement d’une idée ou d’un destin par le biais d’une vision plus claire. Helios est la personnification du soleil, on capte donc bien là cette notion de lumière et de feu intérieur. Le côté progressif du groupe est développé depuis l’album précédent mais prend ici encore plus d’essor. Les instruments plus classiques (dont le violon très présent), les atmosphères, les influences post hardcore et les structures complexes se multiplient et soulignent la personnalité unique du groupe. Le post black metal du groupe a beau être axé ici sur un message positif, il demeure très sombre. Mais cette noirceur s’exprime plutôt via un mélange nostalgie / amertume ; la brutalité est tout de même relative, on est pas dans la haine froide et implacable rencontrée ailleurs. C’est le côté fuyant et alambiqué de la musique de Firtan qui fait qu’on s’y plaît et qu’on y revient. Le feeling black metal est là mais pas forcément la voix ni la musicalité, c’est extrême mais complexe, c’est rugueux mais loin d’être simpliste, mélodique mais pas du tout mièvre ou catchy. Bref, “Helios” est une énigme, sur laquelle d’ailleurs on revient plusieurs fois avant de capter ce qu’on y préfère. Pour ma part, c’est “Wide open eye”, son riff tournoyant et ses vocaux vengeurs. Et vous ?






