
John Carpenter est né en 1948. Alors bon, on ne va pas tourner autour du pot ; d’un point de vue expérience de vie, il est quand même plus proche de la fin du voyage que du début. Et en toutes ces années de production de film et de composition musicale, il a souvent, très souvent flirté avec le metal… mais ne lui a jamais cédé. Et voici qu’aujourd’hui, il passe le pas. Bon, ok, on ne trouvera pas ici du riffing épileptique à la Archspire, mais quand même, mes gens, ces guitares qui parcourent “Cathedral”, ça ne trompe personne ! Et c’est loin d’être un gadget, ça sonne parfaitement juste. Le responsable de ça, c’est Daniel Davies, filleul de Carpenter et guitariste. Il travaille depuis quelques années avec le monsieur, et a su ici parfaitement intégrer sa sensibilité à l’ensemble sans rien dénaturer ; on reconnaît les tics de tonton, mais on apprécie le petit pas de côté bien plus rock de certains titres. Ah, et oui, vous allez me dire “mais c’est quoi ce film, Cathedral ?”. Et bien ça n’en est pas un. John Carpenter, il y a de ça quelques années, a fait un rêve dans lequel une église abandonnée cachait une sorte d’ascenseur pour le monde souterrain, avec autour de ça une histoire de présence surnaturelle, de meurtres, enfin bref l’univers étrange et angoissant typique du monsieur. Et comme son éloignement du cinéma est une volonté bien réelle, et qu’en plus réaliser ce projet sur grand écran couterait comme le dirait notre Manu national “un pognon de dingue”, il a décidé d’en faire un roman graphique. Et donc, cet album en est la bande originale. Soit trois quart d’heure de musique horrifico-flippante à tendance heavy metal soft. De quoi plaire aux geeks metalleux et aux scoriphiles aux idées larges. Car oui, expurgé des freins imposés par le réalisme cinématographique et n’ayant aucun besoin de se calquer aux images, “Cathedral” est certainement bien plus libre que ne l’étaient les autres oeuvres de John Carpenter. Alors bien sûr, on reconnait sans mal la patte du monsieur, autant dans les sonorités utilisées que dans le cheminement du disque, qui reste quand même très très proche d’une bande originale classique. Mais au final, “Cathedral” ressemble à un disque-bilan. Pas totalement heavy metal (les déclarations étaient un peu péremptoires)






