
Non, Death Lens n’a rien à voir avec un groupe d’ultras, des amateurs de football ne supportant pas la combinaison des couleurs rouge et jaune (pour celles et ceux qui ont la ref’). Bien éloigné de ces considérations Hauts-de-Françaises, le combo nous vient de Los Angeles et pratique un rock alternatif / punk bien musclé et défoulant. Même s’il ne l’a pas toujours fait. En effet, à ses débuts, il s’exprimait à travers un surf rock bien plus tranquille. Qu’est-ce qui les a fait basculer ? Tout simplement, l’ajout du chant. Quand tu chantes, tu as envie d’offrir des textes qui ont du sens. Et ces textes qui parlaient de leur quotidien, de leur réalité de jeunes adultes issus de l’immigration, des populations bien éloignées de l’american dream, ça a forgé un style loin de la légèreté. La mélodie est toujours là, mais elle s’exprime autrement. Plus dans l’urgence, dans la défiance. “What’s left now ?” arrive juste après l’explosion du groupe (avec le disque précédent), et dans un contexte politique plus que jamais propice à la revendication et la colère. Et il appuie donc bien le côté revendicatif et rageur du groupe. Le groupe s’est récemment recentré, en perdant deux membres et en confiant la production de l’album à son propre guitariste déjà, mais aussi en se concentrant sur un style plus nuancé mais tout aussi mélodiue et accrocheur. Bien sûr, on retrouve vite les salves punk du groupe, et ce dès les premiers titres. Mais la musique est un peu plus teintée de rock alternatif et grunge, et sait parfois se faire bien plus émotionnelle. C’est le cas pour « Am I a drug to you ? » ou « Saints in the panic room » ; ça reste bien sûr minoritaire, mais on les remarque bien, et on comprend que le combo est doucement en train de muer. Mais on ne s’inquiète pas, j’ai dit doucement ; c’est un processus qui va mettre du temps, et on est pas encore privés tout de suite de petites explosions à la « Debt collector » !






