CORDE : A

Que ça fait plaisir de retrouver les lillois de Corde ! Découvert sur un premier album electro folk qui réécrivait un peu ce qu’on connaissait déjà du genre, le groupe a tenu à se réinventer encore pour “Schéma” calmant ses velléités exploratoires pour se concentrer sur une forme mélodique qui exploitait mieux ses qualités. “A” marque le début d’un nouvel alphabet pour la formation. Concrètement, il y a ici un melting pot de tout de qu’on pouvait trouver dans les différentes expressions du groupe. Et ça, c’est dangereux pour moi, parce que forcément, il y a ici des choses qui m’ont mis mal à l’aise dans le passé. C’est le grand retour des incursions électro, et surtout de l’expérimentation dans le fait de marier toutes les envies et influences de Corde. Parfois c’est vraiment très réussi, parfois je trouve ça un peu maladroit. Et parfois au sein du même titre. Si “L’ampleur des vagues” passe assez bien, avançant ses arguments de manière pondérée, en revanche “Sixte” se fait vraiment agressif de par ses expérimentations. “Cascade de partons” joue l’apaisement, en se situant quelque part entre les deux. Par la suite, Corde fait se télescoper les ambiances et les sonorités. On y trouve du neo classique, de l’électro ambiant, un peu de feeling world music, beaucoup de musique contemporaine et expérimentale. C’est de la musique qu’on vit, qu’on ressent plus qu’on l’apprécie dans un premier temps. A l’instar du rap, c’est du “bruit qui pense”. Les émotions qu’elle fait naître sont donc eux-mêmes complexes ; de la mélancolie, de l’apaisement, de l’incompréhension, du malaise, du bien-être… on a l’impression de ressentir tout et son contraire. Encore une fois, Corde a réussi à enfermer tout un monde en 45 minutes. Mais cette fois, il sera plus complexe pour les auditeurs de s’en emparer. Moi-même après quelques écoutes je ne sais pas vraiment quoi en penser. J’applaudis le courage et la créativité du combo, sa propension à faire de son art un manifeste d’une liberté totale, mais je me sens aussi un peu largué et malmené par certains passages ou titres, et ce ne sera pas forcément l’opus que je favoriserai pour faire découvrir le groupe ni le genre (pour peu qu’on puisse le définir).

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