
Jeff Le Nerf a décidé de prendre un peu plus de place dans le game ou quoi ? En quelques mois, il nous sort un disque solo et là, une jolie collaboration avec Kyo Itachi, beatmaker français collaborant à la fois avec des mcs français de renoms ou des rappeurs US plus ou moins underground (dont Sean Price ou Roc Marciano, quand même). Il faut dire que les gars partagent des points communs ; un culte du boom bap des nineties, des sonorités old school et de l’écriture précise et pointue mais pas inoffensive, un côté très samurai solitaire du genre, une noirceur certaine. Les beats de Itachi ont beau laisser pas mal de place à Jeff, ils restent puissamment travaillés et personnels ; on trouve ici un véritable fil rouge mélodique, un univers propre. Jeff fait du Nerf ; pas le genre à s’adapter outre mesure, il oriente certes son écriture et évite les ratures, mais continue à nous jeter les wacks mc en pâture et se poser en gars sûr. Ni héros ni martyr, juste représentant d’une rue dont il ne reconnaît plus les trottoirs, d’un genre dont il ne reconnaît plus les codes, il rappe encore et toujours sa vérité à la manière du son de son époque, avec des mots d’aujourd’hui et des références d’hier. Oui, il peut mettre à l’amende les minots, mais n’est pas un bourreau, juste un artisan de la rime, un activiste acharné du hip-hop. On peut avoir du mal à s’approprier certains titres : d’une façon générale, je trouve l’album un peu moins équilibré et percutant que le dernier solo du bonhomme. Mais ça n’empêche pas « Double dragon » de compter des titres vraiment bons comme « Pas dans l’del », « Combien ça coûte », « Hocus pokus » ou « J’pourrais pas ».
H 7 rap 2026 france
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