
Jagwar Twin, c’est Brandon Roy Wronski, un garçon qui a mis un peu de temps à se trouver musicalement parlant, ou plutôt qui est assez versatile et boulimique pour ne jamais poser définitivement ses valises quelque part. Il a d’abord collaboré au sein de formations indie rock (Dead Letter Diaries, Eye Alaska), pour ensuite commencer une carrière solo sous un autre nom (Roy English) et enfin muter en Jagwar Twin vers 2018, avec à la clé une autre identité sonore. Mais laquelle est-elle ? C’est bien tout le problème : arriver à la définir. La musique de Jagwar Twin se nourrit ici de plein de choses : hip-hop, pop, indie rock, emo, musique un peu fantasque à la Danny Elfman. Oui, « Lucius lullaby » est un disque assez conceptuel, autour de l’enfance, de la dualité, de la difficulté de s’assumer, de la réalité et du rêve, voir du cauchemar. Et comme pour mieux illustrer encore cette dualité qui est au coeur de toute l’oeuvre du monsieur, sur cet album il se dédouble. Sur le disque un certain Sir Lucius, rappeur / producteur d’origine cubaine, est crédité sur tous les titres. Il n’est autre que l’alter-ego de l’artiste. Ce disque prend donc des couleurs plus hip-hop, mais s’avère très très riche en nuances. Véritable melting pot d’influences, « Lucius lullaby » est une pochette surprise, un spectacle à ciel ouvert, une comédie musicale où tout peut arriver avec un fond assez sombre qui m’évoque la vague emo à la My Chemical Romance / Fall Out Boy. On y retrouve le même univers un peu dingue, la même théatralité, la même passion pour l’interprétation et le storytelling. Le disque est aussi fun qu’inattendu, aussi indie qu’accrocheur, aussi baroque que burlesque. Et de tout ça naissent de véritables pépites. « Not your homie », « Bad feeling », « Great time to be human », « Bounce », « Bananas »… Difficile de choisir où va notre préférence. Le disque est ponctué d’interludes qui installent une ambiance surréaliste. Est-ce que ce disque nous aide à mieux comprendre l’artiste, mieux nous comprendre nous-même ou simplement accepter notre propre dualité ? La question est ouverte. On y passe en tout cas un excellent moment, un peu trop court d’ailleurs !






