OUTERSPACE : My brother’s keeper


Allez, je ressors souvent des vieux albums de rock ou de metal pour les remettre en avant, mais des disques de rap qui m’ont marqué, c’est assez rare. Pourtant, on va se le dire, ce quatrième album du duo de Philadelphie m’a mis moi et plusieurs personne sur les genoux. D’ailleurs, depuis, peut-être conscient de la somme de tueries qu’il contient, le groupe a bien du mal à revenir parmi les vivants. Mais on va repartir aux racines. Dans les années 90, à Philadelphie, trois amis de collège d’origine portoricaine, Mario Collazo , Richard Cruz et Marcus Albaladejo, passionnés par le hip-hop east coast aux sonorités indie, décident de prendre des noms d’artiste pour se lancer à leur tour dans le genre. Ils prennent le nom d’Outerspace, et pour blazes Planetary, Jedeye et Crypt the Warchild. Assez vite, gravitant dans le même milieu, ils se font remarquer par Jedi Mind Tricks qui les accueillent au sein de leurs proches et leur font bénéficier de leur répertoire. Plus tard, Jedeye quitte le groupe, ce qui ne l’empêchera pas de sortir des titres sous son nom, le duo restant rejoint les rangs de Army Of The Pharaohs, gagne de plus en plus de respect et de fans dans le sillage de leurs grands frères… Et arrive en 2011 (quoi, t’as cru que j’allais te faire tout l’historique ? Je suis pas wikipedia!) cette dinguerie. Un disque où Outerspace parvient à aligner tant de productions de qualité qu’il en dépasse le maître. Oui, je le dis ; « My brother’s keeper » est, au moins musicalement, au-dessus de pas mal d’album de Jedi Mind Tricks. Et en plus, il a des featurings complètement attendus ok, mais dingues : Vinnie Paz, Ill Bill, Esoteric, Sick Jacken, Blacastan, Apathy et quelques autres ; la crème. Le morceau-titre est le premier à arriver, et pour moi c’est un classique immédiat. On y trouve tout ; une prod impeccable, un refrain qui tue, une street credibility en acier trempé. Après ça, si chacun trouvera ses chouchous selon sa sensibilité, pour moi « Cold day in hell », « Written in blood », « Heaven », « Demonic prophecies », « Bodega gospel » avec le regretté Blacastan, « World of fear » et « Clear out » sont de pures réussites qui n’ont pas pris une ride. Ce disque, c’est du boom bap sombre qui parlera à ceux qui préfèrent les ambiances cinématographiques et mélancoliques aux beats jazzy et groovy. Du rap de blanc ? Bah écoute, pas vraiment, mais si veux. Je m’en fous en fait ; « My brother’s keeper » est pour moi un sommet du rap indie, point. Et le groupe revient enfin en 2026, alors il est temps de le redécouvrir.

Instagram

Facebook

Paroles de l’album

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *