
Nova Music Festival, 7 octobre 2023, Reïm, Israël. Une horde d’abrutis fanatiques débarque sur les lieux d’un festival de musique electro / trance, viole et/ou tue plus de 360 festivaliers. Une affaire qui, fatalement, touche toute la scène electro, quel que soit son positionnement politique. Dans une scène où la fraternité et un certain côté baba-cool règnent, une telle barbarie, c’est plus que choquant. Et ça demande donc à être expulsé, évacué guéri. Et quoi de mieux que la musique pour ça ? Benji Robot, musicien américain marqué par cette tragédie, lui dédie ce nouvel album. Au programme, un peu de glitch, un peu d’electro, un peu de downtempo, des influences venues un peu de tous horizons. La particularité du disque, c’est qu’il est conçu de façon à pouvoir être écouté du début à la fin ou de la fin au début. Bon, ok, j’avoue que j’ai choisi le sens le plus simple et que je m’y suis tenu, sans avoir la moindre intention de retourner le truc pour vivre d’autres sensations incroyables. Sarcastique ? Naaaan, pas mon genre… Bon, ça explique aussi les deux titres qui ouvrent et qui clôturent l’album. Album qui est, au demeurant, vraiment bon, et c’est d’autant plus appréciable que je ne m’attendais à rien de la part de ce troisième opus d’un gars dont je n’avais jamais rien su jusque-là. Bien sûr, sa musique parlera plus aux aficionados de l’intelligent techno qu’aux clubbers. « Fragments » est une œuvre à écouter à la maison, au calme, avec le temps nécessaire pour y revenir. Benji Robot sait qu’il n’en vendra pas des palettes, on sent que c’est un projet vraiment personnel, pour le plaisir, qui n’a aucune visée commerciale. Et ces galettes-là sont donc celles pour lesquelles on est susceptible de ressentir un élan, car leurs auteurs y mettent leurs tripes et leur coeur. Alors je ne dis pas que c’est un chef d’oeuvre, mais je le classerai sans mal parmi les jolies petites trouvailles indie.






