
Si je compte bien, VII sort aujourd’hui avec « Gnose » son deuxième multiple de 7. Un disque qui doit forcément avoir une importance particulière pour le rappeur basque. Autant vous le dire, j’ai toujours eu un petit blocage avec VII, et même plusieurs. Ce qui explique pourquoi ce disque n’est que le 2e à trouver sa place ici. Si j’ai toujours été sa propension à tremper sa plume dans l’encre bien sombre des horreurs de notre monde et des sujets sombres, la couleur un peu plus tempérée de sa musique, particulièrement ses productions les plus d-funk, me plaisent moins. Et je trouve aussi que parfois, si ses textes sont excellents, que son flow est propre et sa diction parfaite, son timbre manque un peu d’expressivité. Oui, mais il faut le reconnaître, ça reste un des bons pourvoyeurs de rap lettré francophone aujourd’hui. Et si le rap conscient pouvait grappiller du terrain sur la trap et le dance rap qui inondent les ondes et les tympans des jeunes générations, il y aurait forcément sa place. « Gnose », donc, adopte une image et des thèmes religieux pour mieux dénoncer la société nombriliste dans laquelle on végète en attendant l’inexorable chute. VII s’y adapte de la plus belle façon, façonnant ses textes autours des icônes, de l’histoire et du vocabulaire catholique. Franchement, un gros boulot a mené à la sortie de ce disque, c’est une évidence, ça s’entend et se constate chaque minute. Pas de trace ici de récit horrorcore, mais bien un pamphlet social, une étude ethnographique. Le rappeur y écrit des textes plus personnels et teintés de réalisme, et c’est parfois bien plus glaçant que du récit fictionnel (« Juste cinq minutes de retard »). « Gnose » marque donc une différence dans les méthodes de travail et les thèmes chers à VII, mais conserve toujours le souci de la qualité et la patte musicale et lyriciste de son auteur. Beau boulot.






