Usnea a beau se qualifier tout de même assez à propos de doom, il constitue pourtant un chaînon manquant entre post black, post hardcore, sludge et doom. Nous voici donc face au troisième album de ce groupe de Portland, et celui-ci a décidé de ne pas décider. On a donc encore une fois droit à l’ensemble du spectre : lente marche vers la mort, plongeon vertigineux dans le néant, rage sourde à la raison, désespoir profond et sans retour… On le savait déjà mais Usnea semble décidé à nous le rappeler : la noirceur et le désespoir peuvent adopter bien des formes, et faire naître une palette de sentiments plus vaste que le commun des mortels ne peut l’imaginer. Pour ce disque, le groupe verse dans la critique sociale, prenant en otage l’histoire pour en tirer les preuves de l’inadaptabilité de l’homme à son propre bonheur, par sa tendance naturelle à tout foirer, à détruire son environnement et son entourage. Forcément, ces thèmes collent à la perfection aux ambiances putrides et reptiliennes de ce nouvel opus. Usnea a eu l’intelligence de ne pas ajouter un titre de plus, mais « Portals into futility » est déjà assez conséquent et on ne peut trop le contourner ou le prendre à revers ; pour y pénétrer, pour le comprendre, il faut s’y plonger corps et âme, et ça peut laisser des traces. Mais c’est l’apanage d’une vision d’artiste, alors on va ne pas le reprocher au quatuor. Avis donc aux fans de cascadian black metal et autres musiques extrêmes cultivant la négativité : ils sont servis !
Usnea : Eidolons and the increate