
Nous voici avec la version numérique (la physique doit sortir courant février) du quatorzième album des norvégiens d’Ulver. Je déplorais en 2024, et ce malgré les grandes qualités de « Locusts », qu’Ulver prenne un chemin un peu plus, un peu trop pop et qu’il se laisse aller à quelques facilités, employant volontiers les mêmes formules et sonorités pour aboutir aux mêmes ambiances. Oui, mais voilà, sur « Neverland », ce n’est plus le même Ulver. En tout cas plus tout à fait. Exit les titres neo prog au chant plaintif, exit d’ailleurs les chansons tout court : pas de voix ou presque ici, et on laisse libre court à l’expérimentation et la créativité débridée. Comme si digérer le décès de leur claviériste les avait amenés à vouloir le retrouver au travers d’expériences de conscience altérée. On est ici à la fois dans les terrains de l’introspection et de l’exploration de mondes étranges. C’est un peu la définition de l’avant-garde, en même temps, donc très logique pour Ulver. Pas d’idée préconçue, pas de concept général autour de « Neverland » donc, mais une envie et même un besoin de lâcher la bride, de faire quelque chose de beaucoup plus libre et instinctif que sur les précédentes œuvres du groupe. Entre electro, ambiant et prog electronique, les onze nouveaux titres du désormais trio invite au voyage. Sorti en indé grâce à leur propre label House of mythology, il marque une pause, voir même un nouveau départ, s’affranchissant de tous codes et habitudes. Et si je reste très attaché au format chanson (d’autant plus qu’Ulver est vraiment doué en ce domaine), je dois dire que c’est frais et en même temps inattendu et malin de la part du combo de faire un joli pas de côté comme ça, comme pour nous rappeler qu’il n’y a pas si longtemps, il s’assurait souvent d’être là où on ne l’attendais pas, et que son indépendance, peut désormais le mener n’importe où, vers l’infini et au-delà !






