
The Reytons fait partie de ces formations, bien plus minoritaires aujourd’hui, qui se sont hissées au sommet des charts sans IA, sans piston, sans aide. Le groupe, originaire du Yorkshire, est un pur produit de l’indie rock anglais. Indépendant jusqu’au bout des ongles, son leader Jonny Yerell a commencé solo, produisant sa musique et la vendant presque sous le manteau. A quoi sert un label quand tu écris des chansons sur ton environnement pour des gens qui l’habitent et que tu leur fais connaître directement ? C’est sur cette logique que le groupe a bâti sa carrière jusqu’ici. Et il ne compte pas vraiment changer ; s’il est parvenu à décrocher un #1 album avec son deuxième album en 2023, il l’a fait à la force du poignet, sans jamais faire de compromis sur sa façon de s’exprimer, ses sujets ou sa musique. Bon, ceci dit, attention, si vous lisez cette chronique sans encore écouter la musique (ce qui est quand même une idée saugrenue les amis), « A love letter to a broken town » pourra avoir l’air d’un brûlot de rebelle, d’un truc limite punk. Il n’en est rien. Enfin, dans l’intention, oui, ok. Mais musicalement, The Reytons propose un mélange entre brit pop, rock alternatif et indie rock tout à fait écoutable. Pas de voix de loubard, pas d’explosions guitaristiques même si les riffs sont directs et volontaires dès le percutant « Jukebox ». Si l’accent de Jonny est souvent assez typique de son coin, il reste tout à fait charmant pour nous autres, et sa musique a tout du style auquel on peut facilement s’adapter et s’identifier quelle que soit sa propre provenance. Un rock accessible, simple, pas du tout dans la démonstration, avec lequel on se sent bien de façon immédiate et durable. Des titres comme « Penny pincher », « Hello how are you today ? » ou « Best night of his life », avouez qu’on peut difficilement les repousser tant ils pénètrent votre zone de défense facilement ! Des histoires simples, des tranches de vie, du quotidien vu juste ce qu’il faut d’« autrement » pour le rendre différent à nos yeux ; elle est là, la (très) bonne recette des Reytons.






