
Quatorzième album pour Mirai Kawashima et sa créature hybride post black metal Sigh. C’est toujours un plaisir de les retrouver tant le monsieur prend un plaisir sadique à déconstruire son style et le faire évoluer au gré de ses envies. Si lui considère encore Sigh comme du black metal, le nouveau-venu qui lancera un titre comme le morceau-fleuve « Kuso-shi 1, 2 and 3 » devra quand même faire un bel effort de concentration et d’imagination pour le concevoir. Mais le titre reste excellent, on est d’accord. Sur le deuxième titre, ok, on en est bien plus proches, même si les percussions et les plans de guitare très prog s’en éloignent un peu. « Anzenshokon » mélange riff limite stoner / sludge et musique traditionnelle, avec encore d’excellentes idées. Quand on pense que lors de la sortie du dernier album en 2022, Mirai déclarait qu’il n’était pas sûr de lui donner une suite… on ne peut que le remercier d’avoir changé d’avis ! Et si en plus je vous dis que si sur le précédent album Mirai avait choisi de pas mal zapper le côté avant-garde de sa musique et qu’ici elle revient à pleins tubes ? Allez, je vous aide ; merci, encore une fois. Car oui, « Goh-ka » est excellent, l’un des meilleurs albums de la formation à mon sens. A chaque seconde, à chaque nouvelle écoute, on s’émerveille de retrouver Sigh en sigrande forme, avec autant de créativité. Depuis quelques années, Mirai doit ressentir la vieillesse le guetter. Le concept de ce disque tourne en effet également autour de la mort, en explorant le tradition picturale bouddhiste du « Kusozu », soit les neufs étapes de décomposition d’un cadavre. Ah, mais ne détournez pas le regard ; ce n’est pas tant une description détaillée façon goregrind qu’une métaphore de la fin de l’existence, de l’importance de ne pas s’attacher à l’apparence ni à la matérialité mais plutôt de repenser sa vie par rapport à l’inéluctabilité de sa fin. Et oui, vous pouvez tout à fait passer à côté de ça et vous concentrer sur la musique, vous aurez déjà pas mal à faire. Ah, et oui, la pochette est en elle-même une superbe œuvre d’art, comme d’hab. Mais quelle claque !






